Yuri!!! on Ice… Réponse à Otomestreet

Le 11 novembre dernier, l’un des blogs que j’apprécie beaucoup, Otomestreet, postait un article intitulé « Est-ce que Yuri!!! on Ice pourrait, mais surtout /devrait/, être plus gay ? ». Cet article propose une réflexion sur l’anime Yuri!!! on Ice, sorti cet automne 2016, et y mêle critique et interrogations sur les représentations LGTBQ+ au sein de cet anime, et de l’industrie anime en général.

Après lecture, les réactions se sont bousculées dans ma tête. J’apprécie particulièrement la personne qui tient ce blog, et je souhaitais en discuter avec elle ! Voyant que cette envie était réciproque j’ai décidé de compiler ma réflexion dans un article car je savais qu’elle serait complexe à mettre à l’écrit… Et par égard pour la miss, je voulais faire les choses bien. Au final, cet article décrit les enjeux de construction du genre Boy’s Love et comment la romance homosexuelle qui y est décrite devient objet de consommation pour un public féminin et hétérosexuel.

Yuri!!! on Ice

J’essayerai de ne pas m’étendre sur la présentation de Yuri!!! on Ice :  très rapidement, il s’agit d’un anime mettant en scène Yuri, patineur artistique et Victor, patineur russe renommé du milieu. Suite à un échec cuisant en compétition, alors que Yuri se demande quoi faire du reste de sa vie, Victor son idole, débarque et le prend sous son aile en tant que coach. L’intrigue repose sur l’évolution de la relation entre Yuri et Victor, décrite au travers de leur « voyage » en tant que mentor et élève durant l’ascension de Yuri dans sa carrière de patineur.

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Yuri et Victor, extrait du générique de fin

Les réflexions d’Otomestreet

Jusqu’au dernier épisode sorti, le 7, cette relation nous fait patienter, miroiter, et poser mille questions que vous retrouverez entre autres dans l’article sur Otomestreet. Mais ce sur quoi s’interroge précisément la blogueuse, c’est sur le statut de cette relation en tant que représentation d’un couple LGBTQ+ au sein de la production culturelle qu’est cet anime. Avec ses mots : « Queer baiting ou sous-texte ? ». Sa préoccupation quant à clarifier la nature de cette relation, tient notamment au fait que l’anime Yuri!!! on Ice, bien qu’il semble orienté BL/Yaoi, n’est pas ainsi classé. Officiellement donc, Yuri!!! on Ice n’est pas un BL/Yaoi.

En effet, Otomestreet classe cette production dans la catégorie « Anime sur le sport ». Il est clair que l’anime cible un public féminin , et vise particulièrement les fujoshi (ce terme désignant les jeunes filles fans de Yaoi, les présentant comme un public féminin hétérosexuel). Dit comme ça, on dirait un beau prétexte pour montrer du muscle et des corps bien foutus.  Et c’est bien ce que c’est : une source inépuisable de fanservice.

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Extrait de l’épisode 1 – « fanservice subtil » (dédicace)

 Une relation clairement affichée gay serait une première dans le genre et donc une avancée dans le mouvement pour la représentation des personnes LGTBQ+ dans l’espace médiatique. Toutefois, quelles en seraient les conséquences au sein d’une industrie culturelle qui s’intéresse d’abord au profit, et utilise la figure du couple homosexuel comme objet de consommation ? Bref, notre blogueuse est dubitative et ce, malgré les événements récents arrivés dans l’anime (SPOIL : KISS ! ).

Mon but ici est d’apporter une pierre à l’édifice de ces réflexions. Si je suis plutôt d’accord avec l’article d’Otomestreet, j’aurai quelques nuances à faire sur certains points qui pourront peut-être faire évoluer cette réflexion de façon commune. Il s’agit aussi de poser un regard plus large sur le phénomène pour éclaircir quelques termes et propositions.

Yaoi, Boys’Love, Fujoshi et cie

Pour comprendre les enjeux d’une production telle que Yuri!!! on Ice, il est nécessaire de revenir sur l’évolution de la représentation de la relation homosexuelle dans cette industrie. Et il est clair que cette production va reprendre des éléments et codes des genres Yaoi et Boys’Love, à commencer par la place centrale d’une tension sexuelle entre hommes.

Au départ  le yaoi naît au Japon de la production amateur, du monde des fanzines, de l’auto-édition (dôjinshi)… Et surtout il naît de la plume d’autrices : des femmes. Des femmes hétérosexuelles qui vont décrire des relations homosexuelles entre hommes. Tous les styles sont présents, de la romance très fleur bleue à la pornographie très explicite.

A propos des termes

Ainsi l’utilisation du terme yaoi au Japon va être restrictive et désigner les productions en dehors du circuit commercial de l’industrie culturelle et de ses grands acteurs. Le terme utilisé pour désigner les productions culturelles du circuit de l’industrie étant Boy’s Love.

« Le mot serait l’acronyme de «YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi», ce qui signifierait «pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire]», montrant ainsi un bel esprit d’autodérision. »
Manga, 10 000 images

Mais en occident les choses sont différentes, le terme Boys’Love faisant trop référence à la pédophilie à cause du mot « boy » en anglais. Au Japon, c’est le terme de shonen’ai qui fait référence à la pédophilie dans les productions culturelles, genre aujourd’hui tombé en désuétude. Le terme de shonen’ai est parfois encore employé en occident, où il perd cette connotation puisqu’il ne désigne finalement plus grand chose.

C’est donc le terme yaoi qui va être employé pour les productions anime, manga, et dérivés mettant en scène une relation homosexuelle masculine. Une confusion règne de façon générale en occident sur ce qui se désigne dernière le terme de yaoi et sa définition va souvent varier selon le point de vue de la personne qui l’emploie. Certain.e.s y voient une forte connotation érotique, d’autres pornographique, alors que d’autres y rangent toute romance masculine. Pour tous les détails sur l’histoire du yaoi et en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le volume 1 de Manga, 10 000 images, un super bouquin.

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Quand l’industrie s’en mêle

Ces histoires de romance homosexuelle masculines connaissent un succès de niche grandissant dans les années 1980. A ce même moment l’industrie du manga se développe et cible ces marchés de niche. Il n’a donc pas fallut longtemps pour que l’industrie culturelle s’intéresse au yaoi et construise un genre à partir de celui-ci. Ainsi naît vers le milieu des années 1980 le Boy’s Love au Japon, reprenant les principes du Yaoi, ainsi que certain.e.s de ses auteur.e.s.

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Considéré comme le premier BL, Thomas no Shinzo, le Coeur de Thomas (trouvable en français) par Hagio Moto

Au début des années 2000 apparaît la figure de la Fujoshi, fan du genre et cible construite en partie par les productions du genre Boy’s Love à partir du public touché par leurs productions. Consacrée quelques années plus tard, la figure de la Fujoshi désigne une cible féminine, hétérosexuelle, appréciant la romance homosexuelle sous nombre de formes, et surtout prête à investir pour assouvir cette passion. Il faut bien comprendre que cette figure est en partie construite par l’industrie culturelle de sorte à créer une cible, un modèle identification et créer un besoin pour cette cible qui sera notamment assouvi au travers du fanservice.

Aujourd’hui la Fujoshi représente un marché juteux et en expansion. Il est tentant de l’attirer avec des productions qui laissent planer le doute, et affichent une tension sexuelle entre hommes dans la narration. Ces sous-entendus vont se multiplier dans des genres qui jusqu’ici n’en étaient pas familiers, tel « l’anime de sport » : la tension homosexuelle masculine devient un argument de production et de vente dans le but de toucher un public fan et consommateur de produits dérivés. Du même coup elle devient un objet de fanservice.

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Tension homosexuelle comme objet de fanservice qui fait faire « kyaaa » dans les chaumières (no judgment, je le fais aussi hein)

Malgré ce qu’on en dit l’étanchéité des genres dans l’industrie otaku n’est pas immuable. Heureusement ! On retrouve des codes de tel genre repris dans d’autres, et c’est aussi ce qui fait la richesse de certaines productions. C’est notamment le cas de Yuri!!! on Ice qui va jouer sur cette pluralité afin d’attirer divers publics, mais aussi construire un production unique et riche. Même si au départ, comme le rappelle otomestreet, cette production se situe déjà dans un marché de niche.

C’est raccourci, mais voilà grossièrement des pistes pour penser la construction de la relation homosexuelle masculine comme objet de consommation dans l’industrie culturelle japonaise à destination d’un public hétérosexuel. Le problème selon moi: la question des représentations LGBTQ+ et des attentes de ce public n’est absolument pas posée par le dispositif de l’industrie culturelle.

« Fétiche » et représentations

Et pourtant la question de la représentation est un point-clé dans la construction du yaoi et l’industrie qui a suivi. Si au départ ces relations homosexuelles masculines sont écrites par des femmes hétérosexuelles, il y a des raisons. L’une de ces raisons est la représentation de la femme dans les productions de l’industrie culturelle, et plus particulièrement dans la construction de la romance hétérosexuelle.

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Encore un super bouquin, et il date pas d’hier

Au départ quand j’ai découvert le yaoi, cela m’a fait penser aux pratiques de consommation du porno chez les femmes. L’une de mes professeures il y a quelques temps nous avait expliqué que beaucoup de femmes consommaient du porno gay. « Parce qu’on peut y voir des jolis garçons, et qu’on a pas à s’y regarder en tant qu’objet sexuel ». On retrouve des questions similaires du côté de l’étude des fan-fictions type slash, mettant en scène des relations homosexuelles et écrites en majorité par des femmes hétérosexuelles : ces hommes décrits sont finalement des femmes dans des corps d’hommes. La fanfiction est une modalité de détournement des genres, et c’est aussi le cas du yaoi dans ses pratiques, comme l’évoque Christine Détrez :

De même, la lecture de yaoi est-elle un signe de braconnage et de subversion par des jeunes filles, qui s’approprient ainsi des mangas « pour garçons » en détournant les rapports de genre de l’histoire initiale ? Ou alors, « s’abritant derrière l’étrangeté de l’homosexualité », n’y a-t-il que le « retour de clichés romantiques, telle la lente progression amoureuse avant la mise en couple, ou de schémas stéréotypés, avec la réintroduction d’un rapport déséquilibré au sein du couple, où l’on trouve un protecteur et un protégé » (François, 2010, p.  20)  ? Au-delà de la nature du couple ou d’une revendication militante de la transgression, les yaoi ne seraient, finalement, pour ces jeunes filles, que des histoires d’amour comme les autres, mais que contrairement aux autres, elles peuvent lire – et écrire – sans se faire taxer de fleur bleue…

Christine Detrez, 2011, extrait

Un point qui rejoint la question de la représentation du genre féminin dans la construction de la relation hétérosexuelle. Lassées de devoir s’identifier à des héroïnes sans saveurs, victimisées, de subir une représentation de leur genre qui ne leur correspond pas, les femmes concernées par cette relation hétérosexuelle reconstruisent la romance sans sembler s’y inclure. Un autre point est la place centrale de la romance, le reste n’étant que des prétextes pour raconter une histoire d’amour. Une fois encore je raccourci, retrouvez tous les détails dans les ouvrages de la biblio en fin d’article !

Et du coup, si un point me chiffonne particulièrement dans la réflexion d’Otomestreet, c’est l’idée de la fétichisation de la relation homosexuelle. Je ne suis pas sure que la relation homosexuelle masculine soit vraiment un fétiche, et du coup que le terme « fétiche » soit approprié, mais je vais quand même l’utiliser faute de mieux ! Si quelque chose est fétichisé ici, c’est selon moi la romance elle-même. L’homme n’est qu’un corps utilisé pour marquer une distance dans le fantasme de la romance idéale de la femme hétérosexuelle… ET ! montrer des muscles, ne l’oublions pas : car => public hétéroféminin (au cas où vous n’auriez pas encore compris).

[Edit : les commentaires ont apporté une discussion sur les pratiques dérivées de ce fétichisme. Si le BL a pour but de proposer une fétichisation de la romance, il faut distinguer les actions proposées par le dispositif et les actions induites par les usagers. La recherche sur le BL montre que ce dispositif ne propose pas une fétichisation de la figure homosexuelle puisque ce média ne créé pas de véritable représentation homosexuelle. Mais il y a le dispositif, et ce qu’on en fait. Et comme pour tout dispositif, il y a des dérives d’usages. Dérives qui mènent ici, à cause d’une interprétation faussée de la figure homosexuelle à la fétichisation de cette figure. Allez voir à ce propos l’article « Anime pour fujoshi » d’Otomestreet ]

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Tiré de Free! Pas un BL non plus, mais certains y ont cru, et y’a du muscle

Retour à Yuri!!! on Ice et Otomestreet

Cette longue remise en contexte nous fait revenir à Yuri!!! on Ice. Je suis d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas d’un BL/Yaoi, toutefois selon moi on ne peut  pas nier la proximité de cette production avec ces genres. C’est lié au processus que Gilles Brougère identifie comme « circulation culturelle ». Pour simplifier : les motifs ou objets culturels circulent au delà de l’industrie, pour être repris par les usager.e.s. Lorsque ces motifs, ou objets reviennent aux acteurs de l’industrie, ce qu’en ont fait ces usager.e.s les aura transformés et ils seront repris ainsi par l’industrie pour être remis en circulation et ainsi de suite. C’est ainsi que notre industrie culturelle évolue et qu’on créé des univers fictionnels.

L’objet de la romance a été repris, reconstruit et diffusé par les industries culturelles, en présentant des romances hétérosexuelles que les usagères ont repris à leur compte, transformé en yaoi ou en slash, puis l’industrie culturelle a récupéré cet objet, à créé le BL… Les fans ont également repris d’autres productions de l’industrie culturelle otaku et au travers de la fanfic, ont à nouveau transformé ces objets en créant des romances homosexuelles (en shipant, pour reprendre l’expression), les industries ont vu ça et ont fait Free! (entre autres), et aujourd’hui, on a Yuri!!! on Ice.

Que ça soit au Japon ou ailleurs, je doute fortement qu’un couple canon dans un anime comme Yuri!!! on Ice aide à normaliser les personnes et les relations LGBTQ+.

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Tout à fait. Est-ce que clarifier cette relation et l’afficher ouvertement comme gay suffit ? Non, je ne pense pas.

Car la relation homosexuelle décrite dans Yuri!!! on Ice est pour moi complètement construite selon les codes de la romance pour femmes hétérosexuelles que partagent le yaoi et le BL. Je ne veux pas m’avancer sur l’orientation sexuelle de Yamamoto Sayo (scénariste de YOI), mais je ne pense pas qu’elle cherche à décrire une relation LGBTQ+ (détrompez moi, j’en serai ravie).

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Le problème est qu’il n’y a pas de référent suffisamment influent au sein de cet univers pour une vraie représentation LGBTQ+. Le manga gay existe, mais c’est un marché de niche bien plus discret que celui du BL.  Mais  delà du marché de niche, l’industrie otaku est industrie hétéronormée, dont les acteurs et producteurs sont en grande majorité des hommes hétérosexuels. Le public LGBTQ+ n’est pas un marché aussi intéressant que celui des fujoshi, encore moins dans une société patriarcale qui accepte mal l’homosexualité.

Mais j’ai quand même ce malaise qui accompagne l’idée. Parce que ces anime, je les connais, et ils cherchent plus à nous exploiter que nous représenter.

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Hélas, une fois de plus, il est très important pour la communauté LGBTQ+ de réaliser qu’elle n’est pas représentée dans ces productions. Cette question est à raccrocher à toute l’interrogation posée sur le queerbaiting. Elle définit ceci comme une pratique des productions consistant à laisser planer des doutes sur l’orientation sexuelle de certains protagonistes afin d’attirer un public LGBTQ+.

Il s’agit d’un phénomène récent, et je reste dubitative, vraiment, sur cette « pratique ». Car après quelques recherches il se trouve que le concept ne repose sur RIEN si ce n’est des hypothèses. Et je doute qu’un producteur vienne dire « Ah oui, on a volontairement créé une ambiguïté entre Castiel et Dean pour attirer une part de marché dérisoire et faire en sorte que des personnes LGBTQ+ regardent un contenu totalement hétéronormé » (pour le cas de Supernatural, par exemple).

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Est-ce sinon une pratique qui consiste à se rendre LGBTQ+ friendly? Dans ce cas il faudrait que la production soit plus claire. C’est triste, oui. Mais je pense clairement que le public LGBTQ+ et ses attentes n’intéressent pas vraiment les producteurs de contenus hétéronormés et que dans ce cas, le queerbaiting serait aussi l’expression d’une communauté frustrée de ne pas se retrouver dans les représentations des productions culturelles.

Je m’y accroche parce que c’est ce qui se rapproche le plus d’une relation non-hétéro à l’écran. On fait avec ce qu’on a. Mais c’est pas normal.

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Je terminerai en essayant de t’apporter une lueur d’espoir, ma plus cute des blogueuses. Car Yuri!!! on Ice, en revanche dès le départ, n’est pas hétéronormé, et laisse une petite place à la représentation LGBTQ+ même si cela reste une représentation construite pour un public hétérosexuel. C’est une production de marché de niche, comme tu l’as dit, ça passe à 2h du matin sur la TV japonaise !

Mes lectures et recherches m’ont appris quelque chose, c’est que les marchés de niches sont productifs, actifs et qu’ils en veulent. Et qu’au delà de ça, la production amateur prend une place de plus en plus forte dans l’industrie culturelle et ses divers domaines en général. C’est un phénomène qu’on observe par exemple actuellement avec la fanfiction dans la littérature. D’ailleurs, de plus en plus de personnes LGBTQ+ s’y intéressent et écrivent. Il ne s’agit plus d’une pratique exclusivement hétérofeminine. C’est une pratique massive, qui propose le détournement des genres identitaires posés par l’industrie culturelle et qui perce. Elle se fait de plus en plus entendre et prend de plus en plus de place dans l’industrie de l’édition (on vient de publier une fanfic d’Harry Potter quand même).

Alors c’est quoi finalement Yuri!!! on Ice ? Seul l’avenir le dira !!! Non je plaisante. Je vais livrer un point de vue très personnel, parce que mine de rien, je suis fan.

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Yuri!!! on Ice dès le début était pour moi une histoire d’amour, et je le pense encore. Le patinage, la compétition, ne sont que des prétextes pour créer un contexte à cette histoire. Les personnages, les épreuves et interrogations auxquels ils se confrontent, leur réalisation en tant qu’individu ne se fait qu’au travers de cette relation et la passion qu’elle engendre. Le genre romance transcende les catégories !!!

C’est sans doute utopique, et trop tôt, mais je crois que la solution est de dépasser les considérations de genre, et porter l’intérêt du public sur l’amour seul, qu’il soit hétérosexuel, homosexuel ou autre. Mais avant ça il nous faut sortir des normes de la romance hétérosexuelle, et il y a du chemin !

Yuri!!! on Ice n’est peut-être pas le messie attendu par la communauté LGBTQ+ qui recherche sa représentation dans les objets qu’elle apprécie (ici les productions de l’industrie culturelle japonaise). Mais c’est un objet qui se fera prendre dans le processus de circulation culturelle comme d’autres et qui aidera je l’espère à faire aboutir d’autres projets encore plus engagés. Le cheminement est long, mais il s’accélère. Qu’on soit clairs : ce type d’objet du « avant/après », ça n’existe pas.

Bibliographie

Détrez, Christine. Des shonens pour les garçons, des shojos pour les filles?. Réseaux, 2011, no 4, p. 165-186.

François, Sébastien. « Slash, Yaoi, Boy’s Love: subversion ou renouveau du romantisme chez les adolescentes? », Lecture Jeune, 2010, n° 136, décembre, pp. 17-21.

Radway, Janice A. Reading the romance: Women, patriarchy, and popular literature. Univ of North Carolina Press, 2009.

Suzuki, Midori. The possibilities of research on » fujoshi » in Japan. Transformative Works and Cultures, 2012, 12.

Homosexualité et manga : le yaoi, Manga 10 000 images, Paris, 2008, Éditions H.

11 Comments

  1. Alors, alors ! Cet article que j’attendais avec tant d’impatience ! D’abord, deux choses:
    – Merci d’avoir accordé de l’intérêt à mon article au point de poster une réponse, je viens de te le dire sur Twitter mais c’est super d’avoir inspiré une réflexion et de nouvelles idées,
    – Désolée d’en avoir rajouté une couche avec un deuxième article haha !! je m’en veux!!!

    Sinon, très bon article; déjà tu apportes un point de vue plus « pro » et c’est très intéressant à lire. Aussi, une idée que je cultive depuis longtemps mais que je crois n’avoir abordé dans encore aucun de me articles: les femmes lisent du porno gay « Parce qu’on peut y voir des jolis garçons, et qu’on a pas à s’y regarder en tant qu’objet sexuel ». C’est tellement vrai!, on m’avait partagé tout un article consacré à ce sujet, faudrait que j’en retrouve le lien. Donc je comprends, je trouve ça bien, mais c’est quand même exploiter les relations homosexuelles au final et ça me met mal à l’aise, encore et toujours. Surtout que même si je comprends d’où vient cet intérêt pour le BL à la base, beaucoup, beaucoup de filles en viennent à réellement fétichiser les homosexuels; que ça soit ici ou au Japon. J’ai cité quelques exemples dans mon dernier article, et dans celui que j’ai consacré au BL: en gros… des filles qui prennent des photos de deux garçons de leur classe qu’elles « ship » sans leur consentement, des femmes qui viennent à la rencontre d’hommes gays parce qu’elles ont « toujours rêvé de rencontrer un homo »,… et sur des réseaux sociaux comme Tumblr, on tombe sur beaucoup de « fans de gays » comme ça et c’est une « mode » que j’ai vraiment hâte de voir disparaître.

    « Je suis d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas d’un BL/Yaoi, toutefois selon moi on ne peut pas nier la proximité de cette production avec ces genres. » Entièrement d’accord sur ça, c’est pour ça que ça me dérange.

    « Je ne veux pas m’avancer sur l’orientation sexuelle de Yamamoto Sayo (scénariste de YOI), mais je ne pense pas qu’elle cherche à décrire une relation LGTBQ+ (détrompez moi, j’en serai ravie). » Je ne pense pas non plus mais c’est dommage parce qu’elle a souvent des thèmes féministes dans ses oeuvres et j’ai pas encore vu l’anime moi-même mais je /crois/ qu’un de ses personnages dans Mikoto to Hatchin est lesbienne ?

    « Le problème est qu’il n’y a pas de référent suffisamment influent au sein de cet univers pour une vraie représentation LGTBQ+. » C’est vrai aussi! après, y’a quand même /moyen/, Ikuhara est un homme hétéro mais sa dernière production traitait de la discrimination des lesbiennes/bies dans la société japonaise, il a travaillé avec une mangaka lesbienne, et c’était bien foutu. Si des créateurs hétéros veulent traiter de ce genre de sujet, et le faire bien, qu’ils s’entourent au moins de personnes concernées.

    « Je terminerai en essayant de t’apporter une lueur d’espoir, ma plus cute des blogueuses. » Héhé!!!

    Heureusement que j’ai répondu ici plutôt que sur Twitter parce que wow! merci pour cet article en tout cas, ça valait le coup de patienter !

    • Kiss.
      « Beaucoup, beaucoup de filles en viennent à réellement fétichiser les homosexuels; que ça soit ici ou au Japon. J’ai cité quelques exemples dans mon dernier article, et dans celui que j’ai consacré au BL: en gros… des filles qui prennent des photos de deux garçons de leur classe qu’elles « ship » sans leur consentement, des femmes qui viennent à la rencontre d’hommes gays parce qu’elles ont « toujours rêvé de rencontrer un homo »,… et sur des réseaux sociaux comme Tumblr, on tombe sur beaucoup de « fans de gays » comme ça et c’est une « mode » que j’ai vraiment hâte de voir disparaître. »

      Oé j’avais des doutes, mais après ton deuxième article, j’ai vraiment eu la flemme de modifier ça, n’ayant pas de sources moi-même sur ces pratiques. Je reste sur l’idée que la romance est aussi un fétiche. Ce que tu décris, en fait ça me fait juste flipper, et c’est une des conséquences de la consommation passive que l’on peut qualifier comme déviante… Ça me fait penser à ce que tu expliques dans ton dernier article.

      « pour Susumu Ryuu (éditeur-en-chef du magazine gay Barazoku), il y a deux types de « fujoshi »: certaines ne savent pas différencier la réalité de la fiction, et d’autres ont un peu plus de considération pour les hommes gays et sont soucieuses de les blesser avec leurs fantasmes »
      Finalement c’est le même problème avec la plupart des productions culturelles : différencier la réalité de la fiction. Ça me fait un peu penser aux séries mettant en scène des familles noires aux USA dans les années 70/80/90.

      Et évidemment, l’industrie culturelle seule ne peut pas s’en sortir avec la diversité des représentations s’il n’y a pas des mouvements, des associations, des institutions (des chercheurs aussi ;)), des gens situés en dehors de la logique capitalisme de l’industrie culturelle pour expliquer qu’il y a un problème dans ces représentations.

      C’est pour ça qu’on doit continuer à s’exprimer en tant que minorité ! (tant qu’on peut, vu le climat politique actuel)

  2. Ooooh encore un article super bien construit sur le sujet, ça fait plaisir! (Bonjour je sors de nulle part.)
    Merci pour les nombreuses sources, je galère vraiment à trouver de la documentation sur le sujet. (si je peux me permettre, quelle formation suis-tu/as-tu suivi?)

    Je suis complètement d’accord avec ce que tu avances sur le fait que Yuri on Ice!!! reproduise les codes du Yaoi, même si aujourd’hui je suis plutôt fan (j’avoue tout) la mise en place de la relation Victor/Yuuri dans les premiers épisodes me faisaient très sévèrement tiquer… Je peux nuancer sachant que je trouve que dans les derniers épisodes (les deux/trois derniers disons) il y a une progression plus naturelle de leur relation, mais au début l’espèce de Deus ex Machina avec un Victor beaucoup trop entreprenant pour aucune raison me mettait quand même bien mal à l’aise (j’aime pas le bait, surtout pas comme ça) tellement ça paraissait artificiel. Exactement comme dans un yaoi donc, et j’ai vu peu de personne le soulever. Donc merci.

    Il y a juste un truc qui m’interpelle dans ton article, c’est le passage sur la fétichisation, ou non-fétichisation d’après toi ahah de la romance homosexuelle… Je comprend qu’on puisse désapprouver le terme « fétiche » et ce que tu dis sur la fétichisation de la romance n’est pas faux, mais il y a quand même bien un problème de ce point de vue là. Ca ne concerne peut être pas les jeunes femmes un peu plus «  » »âgées » » » » qui séparent bien la réalité de leur fantasmes, mais pour avoir côtoyé nombres de fujoshis pendant le secondaire (donc situons une fourchettes 13-18 ans environ), j’ai beaucoup entendu et vu de comportements qui objectifiaient complètement les hommes homosexuels des suite de ça : toutes ces jeunes filles qui rêvaient d’un « meilleur ami gay » (aaah le mythe du GBF), qui projetaient des fantasmes tirés de yaoi sur les personnes gay qu’elles connaissaient IRL, et j’en ai même connu une qui dessinait des scènes de sexe entre des pions du lycée qu’elle shippait! Alors bien sûr c’est peut être pas une tendance générale, je ne sais pas je n’ai pas vraiment de données, mais c’est un problème qui existe, et en tant que personne LGBT+ c’est un peu difficile à avaler. Même si je suis une femme j’ai tendance à voir en miroir le fétiche des lesbiennes/bies qu’ont beaucoup d’hommes hétérosexuels et c’est pour ça que les représentations caricaturales qu’on retrouve dans le BL/yaoi m’interrogent, bien que j’en consomme moi même pour les raisons que tu as évoquées d’ailleurs, j’ai toujours peur de ce genre de retombées. (ah je viens de voir que je fait reddite avec d’autres commentaires, oups!)
    Après, comme je l’ai dit, c’est peut-être ma sensibilité personnelle qui parle, et mon expérience qui n’est pas terrible, mais je pense qu’il ne faut pas occulter ce problème.

    Voilà mais c’est le seul point qui m’a fait tiqué, j’ai beaucoup aimé ton article dans l’ensemble, tu clarifies avec des sources sérieuses beaucoup de point sur cette industrie, et j’aime le fait que tu rappelles ce que beaucoup de fans semblent avoir oublié : cette relation n’est pas super naturelle, ou en tout cas continue de suivre des codes précis…
    En tout cas je découvre, maintenant je vais aller faire un tour ailleurs sur ton blog héhé! 😛

    • Merci beaucoup !

      Tu es la deuxième personne à me faire cette remarque sur la fétichisation, je vais vraiment revoir mes positions. Peut-être est-ce comme tu le dis, un effet de l’age, je ne vois pas cet aspect de la fétichisation car mon entourage n’est pas dans ces problématiques (bon déjà mon entourage ne regarde pas d’anime, ça règle la question).

      J’ai toujours fréquenté des personnes homosexuelles depuis toute petite, donc j’ai pas eu à apprendre à faire la différence avec le réel, elle s’est imposée d’elle-même (en plus mes amis hommes homosexuels ont été bien trashs dans leur jeunesse, on est looooin du fantasme yaoi !).

      Tu as raison, c’est un souci, même si ce n’est pas une pratique généralisée, il ne faut pas qu’elle le devienne. Il faut en discuter et les commentaires sont aussi là pour vous permettre de pointer les limites et lacunes dans la réflexion.
      J’espère que ce blog te plaira, je ne parle pas souvent d’anime ^^ (mais c’est un sujet proche de mes recherches).
      J’ai oublié de répondre à ta première question ! ^^’ je suis en doctorat en sciences de l’information et de la communication. Je bosse sur les jeux vidéo pour filles, issus de l’industrie culturelle japonaise et réadaptés en occident. (enfin si as fouillé le blog, tu sais peut-être maintenant) Mais voilà !

  3. Bonsoir!

    Je suis Sullivan (sur Twitter); me voilà finalement dans la section commentaire de ton blog pour partager quelques opinions et échanger un peu à propos de Yuri on Ice, un anime pour lequel j’ai immédiatement eu de l’affection, tant pour ses graphismes, son humour, ses musiques, ses séquences de patinage, ses personnages et la richesse de leurs émotions (et leurs doublages qui ne cessent de me surprendre par leur subtilité).

    Je fais parti de cette communauté LGBTQ+ qui souffre de ne pas souvent trouver de représentation à la hauteur de ses espérances, non fétichisée et surtout pas calquée sur les modèles des relations hétéronormées (what’s good le yaoi).

    Pour commencer, ma première réaction à la concrétisation de la relation de Yuuri et Victor avec ce fameux baiser a été de pleurer de joie. Parce que j’étais soulagée qu’enfin, ENFIN une relation visiblement amoureuse entre deux personnes du même genre soit concrétisée. Je pourrais faire une liste des relations qui auraient mérité ce genre de concrétisation mais qui ne l’ont pas eu parce que le genre représentait une barrière, et elle serait longue. C’était frustrant et triste, de se sentir condamné dans ces représentations, de ressentir cette imperméabilité entre les genres qui décrédibilisent nos sentiments.

    Mais Yuri on Ice a brisé le mauvais sort en quelque sorte! On pourrait me dire que No.6 l’a aussi fait, mais pour avoir lu les light novel, la relation de Shion et Nezumi ne termine pas bien. Dans l’épilogue, on retrouve Shion à la tête de la ville qu’il reconstruit progressivement, attendant pour toujours Nezumi, qui ne reviendra a priori jamais. Shion s’en doute et vis dans le désespoir le plus complet… Mais même avant cela, leur relation n’est pas spécialement équilibrée; Shion est fasciné par Nezumi et ce dernier, bien qu’attaché à Shion, oppose toujours une résistance à son encontre parce qu’il s’en méfie.

    Le développement des personnages dans Yuri on Ice est ce qui marque une grande différence. Ca paraît moins évident pour Victor, mais le changement est bien là. Le fanservice des premiers épisodes avec les vues sur le fabuleux derrière de Victor et la sensualité affolante entre lui et Yuuri servie sur un plateau d’argent sont directement dûs à l’aise et l’érotisme de Victor, qui se confronte à la timidité et l’anxiété de Yuuri. Que ce soit avec la scène où il fait ses adieux à Yakov ou se goinfre à l’auberge en étant très irrespectueux avec Yuuri, on nous présente Victor comme un homme léger et fascinant, qui papillonne à droite à gauche et agit comme bon lui semble. Mais est-ce encore le cas? Dès lors qu’il décide officiellement de prendre Yuuri sous son aile parce qu’il s’est attaché à lui et voit son potentiel, Victor se responsabilise. Le moment charnière pour moi a été le moment de complicité qu’ils partagent quand Yuuri a finalement tendu la main vers Victor, même si c’était pour toucher son début de calvitie haha. Victor se sent vulnérable et s’effondre lamentablement, et Yuuri s’excuse platement. C’est à ce moment là que le Yuuri timide et le Victor playboy s’effacent et que la relation prend une dimension plus équilibrée et plus saine.

    Alors certes, ces premiers épisodes se destinent à un public de fujoshi hétéronormées. J’ai pris conscience de beaucoup de choses en lisant ton article bien renseigné sur le circuit commercial des productions du yaoi et du ciblage d’un public pour des raisons économiques. Ca me semble également évident que les scènes de nu et d’érotisme étaient bien là pour rameuter du monde haha. Mais je dissocie aussi cet érotisme du fanservice et de la fétichisation habituels. La fétichisation est construite, comme tu l’as bien expliqué, pour un public hétéronormé qui idéalise complètement les relations entre persos gays. Pour être plus précise, ce que recherche ce public, c’est l’excitation de la transgression mais aussi (et c’est là que je suis par exemple d’accord avec la fétichisation de la romance, hétéronormée j’ajouterai) de la transcendance que semble offrir une relation homosexuelle. En effet, les personnages eux-mêmes, « pas gays » et « pas attirés par les hommes » se surprennent en ressentant un désir inattendu et irrésistible (là c’est la transgression) mais aussi exceptionnel et unique (ici c’est la transcendance). Le genre DEVRAIT être une barrière à leurs sentiments et leurs désirs, mais exceptionnellement il ne l’est pas. Mais juste pour cette fois, parce qu’on a conscience de la déviance que ça représente. C’est juste impossible de résister, parce que l’amour est si puissant qu’il va contre l’ordre naturel des choses. Ca donne justement toutes ces relations obsessives et complètement malsaines justifiées par cet amour transcendant auquel on ne peut rien. Et on retrouve une dynamique de domination propre à l’hétéronormativité, absolument illustrée par les fameux seme et uke qui déclenchent les passions des fujoshi. Alors que la réalité des relations hors hétéronormativité, homos ou hétéros, c’est qu’il n’y a pas de dynamique pareille qui si elle est transgressée inverse le sens dans lequel tourne la Terre lol. Or, c’est ce qu’attendent les fujoshi, notamment avec les débats enflammés sur qui est le seme qui est le uke, et de cette perte de soi-même dans le plus délicieux des crimes…

    La fétichisation de la relation comme de la romance est donc hétéronormée. Au début, Victor a d’ailleurs bien l’ascendant sur Yuuri; c’est lui qui initie tous les contacts physiques, toutes les approches. C’est lui qui tape à la porte que Yuuri garde résolument fermée. Encore que, je ne suis pas certaine que ce soit exclusivement de l’hétéronormativité, je me demande si ce n’est pas davantage justifié par la position d’idole de Victor et de fan de Yuuri, qui ne réalise pas la situation et ignore comment se comporter.

    Mais passé les deux/trois premiers épisodes, la donne change complètement. La relation s’équilibre, les deux se familiarisent, et Yuuri va de lui-même dans la chambre de Victor en plein milieu de la nuit pour lui faire écouter la musique finalement prête. Donc pour la fétichisation et le fait que l’anime soit exclusivement destiné à un public de fujoshi, je n’en suis pas si sure. Au début oui, pour se donner une audience. Mais après, l’once d’hétéronormativité qu’il y avait (avec l’ascendant de Victor sur Yuuri) disparaît. Pour ça que je ne vois pas la romance comme hétéronormée, étant donné qu’il n’y a pas la conscience de son mal et du problème qu’elle pose dans la société, mais je me trompe peut-être!

    Ensuite, le reste est une question d’appropriation et d’attentes de publics variés selon différents contextes culturels. Et j’insiste sur l’appropriation, où, quand et par qui, qui me semble n’est pas tant abordée que ça en dehors de la perspective « appropriation par les fujoshi ». Même si les studios adressent l’anime à un public spécifique, qui dit que seul ce public regardera, surtout avec le rayonnement international des animes ajd? Même si le public fujoshi est le plus large, n’invisibilisons pas les publics plus restreints. Et d’ailleurs pour illustrer le processus d’appropriation et des surprises qu’il peut créer, je vais prendre l’exemple de Pokémon, qui de base était destiné aux enfants et Call of Duty aux adultes. On constate (même ajd avec la sortie de Lune et Soleil) une inversion magistrale de l’appropriation des publics; beaucoup plus d’adultes que prévu jouent à Pokémon et plus de jeunes jouent à COD. Comme tu travailles toi-même sur les jeux pour filles ce genre de chose ne doit pas t’être inconnu! L’intention de la production et la réalité de l’appropriation du public et l’usage qu’il en fait peuvent être en décalage complet. Cette perspective de l’appropriation par un seul public m’a un peu gênée dans les réflexions que j’ai pu lire.

    Comme tu l’as dit, Yuri on Ice n’aide pas la représentation des LGBTQ+, tout du moins pas au Japon. Si j’ai bien compris après avoir lu plusieurs articles, ce qui manque là-bas, c’est la visibilité sociale. L’homosexualité semble acceptée en apparence, mais la réalité c’est qu’elle dérange et qu’on préfère ne pas en parler pour qu’elle ne perturbe pas l’ordre social. Ce dont ont désespérément besoin les LGBTQ+ japonais, c’est l’adresse à la réalité de leur situation, avec le silence auquel ils sont contraints et l’homophobie passive qu’ils rencontrent. Pas du tout adressé vu la visibilité que se donnent Yuuri et Victor avec leurs photos circulant sur instagram (merci Phitchit) ou en s’embrassant devant une audience très large sans une quelconque répercussion.

    En revanche, et c’est là que je nuance sur les contextes culturels pour aussi expliquer les différentes réactions, Yuri on Ice aide la représentation des LGBTQ+ sur d’autres niveaux. Je pense surtout au jeune public (qui s’il n’a pas accès à Yuri on Ice dans l’immédiat, pourra tomber dessus un peu plus tard avec sa commercialisation en dvd) et à notre public occidental. Bon, je mets de côté le public hétéronormé qui a une vision trop partielle et partiale. Mais le public qui ne l’est pas, et généralement sera queer (coucou) a un contexte culturel différent et des attentes qui le sont également. Son problème n’est pas tant la visibilité sociale mais son acceptabilité. C’est notable avec les manif pour tous et les micro-agressions et agressions homophobes banalisées, les LGBTQ+ sont l’objet d’une diabolisation terrible et essentialiste qui les résume à leur sexualité et en fait des êtres monstrueux (shout out à ce magnifique tweet devenu meme « Qu’est-ce que je vais dire à ma fille de 8 ans? #Vousêtesdesmonstres en dessous des affiches de prévention contre les IST et le VIH mettant en scène des couples gays). Dès lors, plus que de la visibilité, nous cherchons la dédiabolisation et la normalisation. Et c’est ce que donne Yuri on Ice.

    Les différentes perceptions ne s’invalident d’ailleurs pas l’une l’autre. Oui, d’un côté, cela n’aide pas la communauté LGBTQ+ japonaise qui une fois de plus se confronte à l’invisbilisation de ses souffrances et de ses revendications politiques. Oui, d’un côté cela aide la valorisation et la normalisation que cherche les LGBTQ+, occidentaux en grande partie, qui savent aussi qu’on est en droit d’attendre davantage. Les deux cohabitent et sont pertinents, et je comprends tout à fait ceux qui sont déçus et ceux qui ne le sont pas. L’important c’est d’en avoir conscience et de ne rien ignorer il me semble, sans invalider ni l’un ni l’autre parce que les ressentis de chacun sont importants, étant donné qu’ils se justifient par les contextes culturels différents.

    Pour moi, Yuri on Ice est une lueur dans l’obscurité. C’est le premier anime où je vois une telle concrétisation d’une relation gay non hétéronormée, décomplexée et positive. Et je ne peux la voir qu’avec bienveillance, même si j’ai conscience du chemin qu’il reste à faire, parce que Yuri on Ice ouvre la marche et franchit cette barrière du genre que personne n’avait osé franchir avant (ou alors en dehors de mon domaine de connaissance). En tout cas pour l’instant (et je prie pour que ça le reste)!

    Merci de m’avoir lue, et wow le pavé, après trois jours à se torturer l’esprit j’en avais des choses à dire haha… J’espère que mes réflexions sont pertinentes et que je ne suis pas passée à côté de trop d’éléments!

    • Wouh ^^ on a bien fait d’attendre ! Tu as vraiment axé ton analyse sur l’anime, alors que je m’attarde plus sur le contexte. Je vais essayer de faire court et pointer les réflexions qui apportent les pistes les plus intéressantes 🙂 (de mon point de vue !) !

      « Même si les studios adressent l’anime à un public spécifique, qui dit que seul ce public regardera, surtout avec le rayonnement international des animes ajd? »
      C’est un point très intéressant, si tu le souhaites, je te conseille de lire Iwabuchi Koichi, qui explique très bien comment la globalisation conduit à une standardisation, voir une américanisation des productions. A partir du moment où un produit va être pensé pour l’exportation (comme l’anime) il perd une certaine essence culturelle locale pour entrer dans le « global », c’est hyper intéressant !

      « L’intention de la production et la réalité de l’appropriation du public et l’usage qu’il en fait peuvent être en décalage complet. »
      C’est vrai que je parle beaucoup du dispositif autour de l’anime, ses conditions de production, diffusion, mais je ne peux pas parler du public qui s’approprie ce dispositif. Eh ben parce que je ne le connais pas ce public : je sais à qui cet animé est destiné à des filles, des filles hétérosexuelles, et pourquoi pas, à des fans qu’on nommera fujoshi (mais je ne dis pas que l’anime s’y adresse exclusivement. D’ailleurs je tiens une certaine distance avec la critique de ce public parce que je n’ai pas assez d’éléments là dessus, notamment sur la « fétichisation » des homosexuels car peu d’études sérieuses pour en parler comme une pratique de la majorité qui définirait/caractériserait ce public).
      Mais au final, on ne sait pas grand chose sur QUI regarde vraiment: des fujoshi ? des otakus ? des personnes LGBTQ+ ? des hétéros ? des ados ? des adultes ? des seniors ? A part des témoignages éparses et des hypothèses, difficile de parler du « public réel » de Yuri on Ice et son appropriation. Du moins tel que moi je me l’autoriserai à en discuter avec une posture de blogueuse-chercheuse. Pourtant c’est là, la clé, car cette appropriation rejoint dle processus de circulation culturelle dont je parle à la fin (faut que j’ajoute la ref à G.Brougère tiens)

      « Dès lors, plus que de la visibilité, nous cherchons la dédiabolisation et la normalisation. Et c’est ce que donne Yuri on Ice. »
      Cette normalisation passe par la visibilité et une représentation dans l’espace public (dont les médias) qui ne passe pas par une stigmatisation. On ne peut pas obtenir de normalisation sans visibilité (c’était aussi l’idée lorsque les USA ont instauré les quotas dans les productions audiovisuelles pour faire apparaître des acteurs noirs, latinos, etc. Mais bon, c’est pas parfait non plus comme système)

      « L’important c’est d’en avoir conscience et de ne rien ignorer il me semble, sans invalider ni l’un ni l’autre parce que les ressentis de chacun sont importants, étant donné qu’ils se justifient par les contextes culturels différents. Pour moi, Yuri on Ice est une lueur dans l’obscurité. »
      Tout à fait d’accord !
      Même si je ne pense pas qu’il y aura un « avant/après Yuri!!! on Ice », car ces objets là n’existent pas ce sont des mythes. Si Yuri on ice peut présenter cette relation, ça ne sort pas de nulle part, c’est grâce à d’autres productions précédentes qui ont permis de poser des cailloux sur la montagne, dans l’anime, le manga, grâce aux associations qui militent ici et ailleurs. Il y a un processus de circulation culturelle déjà en route, qui a déjà happé cette production et va en faire de même avec d’autres projets.

      Merci pour ton commentaire ! Cela permet de développer encore d’autres pistes ! Il y aurait tant à faire…
      Sinon pour revenir au sujet, j’y crois hein. A Yuri on Ice et la représentation LBGTQ+, mais alors que l’on voit des fans en extase comme si c’était la fin de l’homophobie dans le monde, je veux juste dire « oh ! du calme, il faut encore se battre, lâchez pas ». La dernière campagne de la manif pour tous l’a bien montré -.- et notre climat politique va surement empirer face à ces questions.
      Après pour dire qu’il y a encore du chemin… Les représentations de la relation hétérosexuelle ont elles aussi beaucoup de travail à faire. Je stoppe là car on va réécrire un autre article x)
      (PS : moi aussi j’ai pleuré durant toute la prestation de Yuri, et encore plus à la fin, mais parce que j’adore les histoires d’amour… Je pleure sur tous les dénouements heureux, Once Upon a Time et le couple Blanche/Charmant m’a tué mille fois)

      • Wow, merci pour les références! J’irai sans doute voir parce que ce sont des questions qui m’intéressent beaucoup! Notamment le processus de circulation culturelle, j’en avais jamais entendu parler mais ça explique beaucoup de choses quant au fonctionnement de l’offre et la demande des marchés qui fluctuent et dont les acteurs s’adaptent en fait l’un à l’autre. Le comprendre permet aussi de réfléchir à comment ce serait possible de l’utiliser à meilleur escient, espérons-le!

        Oui c’est vrai qu’au final on ne sait pas QUI exactement regarde. Je sais seulement que j’ai vu des personnes dans ma TL parler de Yuri on Ice alors que j’ignorais totalement qu’iels regardaient des animes. Ca m’a assez surprise et m’a fait considérer qu’il y avait aussi tout un public qui ne s’exprimait pas mais n’en pensait sans doute pas moins ^^

        Ah je suis contente de lire ça! J’ai lu quelques articles vraiment pessimistes et bon, j’ai conscience que c’est subjectif mais Yuri on Ice me fait tellement de bien que j’ai voulu prendre sa défense haha. Donc j’ai attendu un peu pour prendre du recul et avoir une réflexion plus objective; comme toi j’y crois mais il ne faut pas que ça fausse l’appréhension de la réalité. Les relations hétérosexuelles ont le même problème effectivement, elles sont tellement stéréotypées et normées haha… Je crois que la seule que j’ai jamais apprécié a été celle de Maka et Soul dans Soul Eater, qui me semblait bien équilibrée! Bon courage pour l’article sur les représentations de la relation hétéro, j’imagine le travail de fond qui se profile derrière!

        Alala la prestation de Yuuri était tellement belle j’en reviens toujours pas… Surtout le moment où tous les bruits parasites s’effacent pour ne laisser que la musique et le bruit des patins de Yuuri pendant la période de représentation artistique et moins technique. En plus c’est la partie de la musique où Yuuri est sensé exprimer ses sentiments lorsque Victor est devenu son coach il me semble (en me fiant à l’épisode précédent où Victor se plaint que Yuuri n’exprime pas bpc d’enthousiasme pour ce moment lol). Honnêtement j’était émue aux larmes juste pour la beauté artistique de la scène, et de Yuuri en passant qui est magnifique dans sa tenue haha. Habituellement j’évite les histoires d’amour et je n’avais pas prévu de regarder Yuri on Ice qui me semblait prendre la même direction que Free, mais quelques captures d’écran sur tumblr des paysages et des questionnements de Yuuri dans le premier épisode m’ont fait penser que ce ne serait peut-être pas si superficiel que ça en avait l’air. Et me voilà à passer des soirées à rédiger des analyses et des commentaires comme j’en fais pour mes cours (ah ces littéraires, iels n’ont vraiment rien d’autre à faire)
        Et de partager ça avec plaisir (et un peu d’embarras parce qu’il me manque plein de connaissances ;;)

        • Yop ! Désolée je n’ai pas pris le temps de répondre plus tôt.
          Je suis très contente de t’avoir encouragé à venir en discuter et poster tes idées. Je voulais surtout dire, qu’il n’y a aucun embarras à avoir sur un manque de connaissances. Je ne maitrise pas tout non plus (la preuve avec la question de la fétichisation et ses dérives), mais j’aime beaucoup que les commentaires apportent des choses, comme le tiens.
          Les connaissances, on est justement là pour les partager !
          A très bientôt j’espère, Sullivan, je continue à te suivre sur twitter, j’aime bien tes moments de réflexion ^^ 🙂

  4. Bonsoir,

    Je suis tombée sur cet article par l’intermédiaire de Yuri on Ice. J’ai trouvé cet article très bien fait, avec de nombreuses réflexions intelligentes et des références instructives. L’article auquel il répond est très bien aussi, avec un point de vue sur la production engagé et bien défendu (et plutôt juste d’après ce que j’ai pu en juger). Cependant, je préfère poster un seul commentaire pour éviter de m’éparpiller ou de me répéter.

    Je trouve bien pensé le fait de placer le fétiche sur la romance, car c’est effectivement un point central pour les fujoshi à mon avis. Il n’est d’ailleurs pas rare que certaines adhèrent autant au shôjo qu’au BL. Après, vu la frustration de certaines devant le côté soft de certains BL, je pense que la scène osée peut être tout aussi importante pour certaines fans. Le spectre des goûts en matière de BL/yaoi me paraît assez large en fait. Toutes ne vont pas aimer le slash/yaoi, donc vont trouver le BL un peu chiant (persos trop clichés, trop de pages de romance…). Mais c’est bien sûr impossible de faire une liste de tous les types de fujoshi.

    Pour ma part, j’ai commencé à lire du yaoi et du BL à 26 ans et je dois dire que j’ai accroché tout de suite. Mais cela faisait déjà longtemps que j’éprouvais plus d’intérêt pour les relations masculines, amicales ou amoureuses, que pour les relations homme/femme ou féminines. Je me suis aperçue de ce centre d’intérêt vers l’âge de 5/6 ans, à une époque où les relations entre hommes ne pouvaient être qu’amicales pour moi car je n’avais jamais entendu parler d’homosexualité. Mon intérêt pour le yaoi n’a été que la continuité de ce goût. C’est sans doute pour cette raison que j’accroche aussi bien au fan-service de Yuri on Ice, puisqu’il me plaira quelle que soit la tournure de cette relation. J’ignore si d’autres fujoshi ont évolué comme moi, mais ça m’étonnerait que je sois un cas unique.

    En revanche, j’ai toujours l’impression d’halluciner quand je vois que certain(e)s vont jusqu’à harceler de vraies personnes. Je ne sais pas si c’est l’âge, le manque d’éducation, l’absence d’empathie ou autre chose, mais comment peut-on aller jusqu’à poser des questions aussi personnelles à de parfaits inconnus ? Déjà que je n’oserais pas avec des proches (sauf si je sens qu’ils ont envie d’en parler), alors avec des gens que je n’ai jamais vus… J’espère que c’est l’âge, au moins ça leur passera peut-être.

    Concernant le BL, je souhaiterais souligner un point en espérant que vous (je veux dire toutes les deux) ne le preniez pas mal. Ce n’est pas du tout mon intention, je veux simplement exprimer mon ressenti. J’ai lu et vu beaucoup de BL (et joué aussi), j’en lis toujours beaucoup, je connais bien ses clichés et j’ai noté le côté irréaliste du genre dès le départ (ayant 26 ans à ce moment-là, le contraire aurait été inquiétant). Pourtant, j’en suis restée fan après plus de 10 ans et je ne vois pas ce qui pourrait m’en éloigner. J’ai déjà apprécié des titres parlant d’homosexualité en dehors du BL (romans, BD, films…), oeuvres souvent plus réalistes je pense. Mais il y a quelque chose dans le BL de particulier, un cocktail qui marche très bien avec moi. D’ailleurs, si je n’apprécie toutes les histoires que je tente parlant d’homosexualité ou d’amitié masculine, il est très très rare que je décroche d’un BL. C’est difficile à expliquer dans le détail et je me doute que ce n’est pas forcément agréable à lire ^^ »

    Cependant, je ne place pas tous les BL au même niveau. Parmi les sorties françaises, mon dernier gros coup de coeur est Blue Morning (parce que relation complexe et passionnée, persos plutôt adultes, contexte historique, complots politico-économiques…). En titres plutôt réalistes, je citerais L’étranger de la plage, Hidamari, Doukyusei ou Given. Pour les mangas non-BL/yaoi parlant d’homosexualité masculine, il me paraît impossible de faire l’impasse sur Le mari de mon frère (un seinen) sorti chez Akata dernièrement.

    • Salut, merci à toi ! Contente que ça t’ai plu !

      Otomestreet et moi sommes dans la même mouvance de réflexion ^^, les articles se complètent les uns les autres. A rajouter aussi un autre post, très intéressant (et puis c’est un peu une coupine) qui parle d’œuvres non classées BL/yaoi et de la représentation LGBTQ+ au Japon.
      https://nastarrow.wordpress.com/2016/11/19/yuri-on-ice-et-la-representation-lgbtq-au-japon/

      « Je trouve bien pensé le fait de placer le fétiche sur la romance »
      Thank you. ♥ C’est un point important je pense, et il est aussi tout important dans mon travail sur les otome. Ton témoignage montre bien comment la romance et non la figure homosexuelle peut être le centre d’intérêt. J’ai aussi découvert tout ça très tard grâce à mon travail, et comme toi je ne doute pas que d’autres s’identifient dans ce type de parcours.

      « En revanche, j’ai toujours l’impression d’halluciner quand je vois que certain(e)s vont jusqu’à harceler de vraies personnes. Je ne sais pas si c’est l’âge, le manque d’éducation, l’absence d’empathie ou autre chose, »
      Oui moi non plus je ne peux pas comprendre. Mais c’est un effet pervers de sociétés (dont la notre hein) qui tendent à cacher l’homosexualité (comme l’explique nastarrow au Japon dans le post linké plus tôt), la faire paraître comme une déviance et quelque chose sortant de l’ordinaire (ce qu’on voit chez nous, et encore en ce moment avec la manif pour tous et leur campagne à la con anti-affiches représentant des couples homosexuels).

      « Concernant le BL, je souhaiterais souligner un point en espérant que vous (je veux dire toutes les deux) ne le preniez pas mal. »
      Je ne vois pas trop ce que je pourrai prendre mal x) Ce que je veux dire, c’est que tu es fan, je trouve ça très bien, ta pratique est raisonnée et non déviante, où est le souci ? Tu as le droit d’apprécier le BL/yaoi ! Moi-même il y a deux semaines j’étais à une convention yaoi/BL et j’ai vu un public sain, composé de gens qui réfléchissent sur leurs pratiques, et aussi de beaucoup de gens qui revendiquent une représentation LGBTQ+ et comptent sur les amateurs en occident pour ça.
      Et puis moi-même je ne m’en cache pas, je découvre, mais j’aime bien ces histoires… Même si je pense de mon côté que c’est vraiment les romances que j’adore et le fait de ne pas avoir une héroïne neuneu.

      • Merci pour ta réponse ! Un petit post pour te dire qu’on était sans doute à la même convention il y a deux semaines. Je la suis depuis le début et j’y ressens toujours cette impression d’être chez moi, dans un coin tranquille où on apprécie ses oeuvres préférées en s’y sentant à sa place.

        Je vais lire l’article que tu as mis en lien. Je ne le connais pas encore et je compte y trouver des choses très intéressantes ^^

        J’ai suivi la campagne anti-affiches et je me suis sentie dégoûtée une fois de plus. A mon avis, le même problème s’est posé au moment du mariage pour tous : les gens ayant du pouvoir en France ne se sont pas assez engagés pour pousser une gueulante. Au moment du mariage pour tous, Mme Taubira était présente, mais les autres… C’est malsain de laisser tant de place à des gens qui se permettent de dire n’importe quelle horreur (sur l’homosexualité, mais pas seulement).

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