Tokimeki Memorial Girl’s Side 1st Love

Histoire de changer un peu des sujets de recherche, j’avais envie de discuter de Tokimeki Memorial Girl’s Side 1st Love, un otome game que j’ai adoré à l’époque de ma « phase exploratoire » de recherche. Le fait d’en avoir reparlé récemment en cours m’a convaincue de faire cet article, et puis parce que quand même je suis censée parler de jeux de temps en temps !

Il s’agit donc de la version « Plus », version remaniée du premier opus d’une série de 3 jeux sortis dans le courant des années 2000 au Japon et qui n’ont hélas jamais officiellement vu le jour en occident, mais que j’apprécie beaucoup. Je dois être la dernière personne à encore parler de ça en 2016 T.T…  Moment nostalgie.

Je dis « officiellement » car il existe des versions fansub en anglais (et j’ai aussi entendu parler vaguement d’un projet en espagnol…) de ces trois jeux. J’ai testé ce jeu il y a plus d’un an et à ce moment mon japonais était en reprise ! J’ai donc été bien contente de trouver ces versions, puisqu’il s’agit d’un titre qui a eu tout de même pas mal de succès et qui avait une place clé dans mon travail de recherche. Gros merci à eux.

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http://tokimemo.blogspot.fr/

Ayant joué aux trois, et bien que le manque de temps m’ait fait seulement survoler les deux derniers, je peux dire être fan de cette série et je regrette profondément que cette localisation n’ait jamais eu lieu, car Tokimemo (version courte, plus facile) avait un gros potentiel et proposait un gameplay de gestion différent du visual novel qui domine aujourd’hui le marché de l’otome game.

Le jeu en bref

Au départ, Tokimeki Memorial est une série de bishojo games produite par Konami à partir de 1994. En 2002, le studio sort sa version destinée à un public féminin sur PS2 sous le titre Tokimeki Memorial Girl’s Side 1st Love. Un peu plus tard, en 2007 on trouvera une nouvelle version du jeu (avec de nombreux ajouts) sur DS ! C’est celle-ci que j’ai pu tester.

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La boite, avec Hazuki Kei en couv’

Exelen a très bien présenté la série Tokimemo (pour public masculin et féminin) avec toute une série d’articles sur son blog.

Le but du jeu : finir avec le garçons de vos rêves ! Bon sans surprise, c’est un otome game… Et pour ça tout un tas de stratégies sont possibles !

Le jeu nous propose d’incarner une lycéenne qui revient dans sa ville d’enfance, Habataki. Alors durant son enfance, elle a eu un crush pour un gamin du coin dans une église (je raccourci un peu, pardon, car l’histoire est jolie en vrai ! ), et ces vagues souvenirs lui reviennent en mémoire alors qu’elle se réveille et s’apprête à faire sa rentrée au lycée. Bien sur dans ce lycée elle rencontrera de jeunes et moins jeunes hommes (potentiels petits amis) et dans cette version « plus », aussi des filles (potentielles amies/rivales).

Le jeu est plutôt sympa, avec des bons doublages en japonnais, et des graphismes très corrects bien que son age commence à se faire sentir (les CGs restent excellentes). Il commence à avoir un petit côté rétro que j’aime bien !

Comment ça marche ?

Tokimeki peut entre autres, signifier « battements » en japonais, et designer ainsi les battements du cœur produits lors d’une émotion intense. Ainsi le jeu va se baser sur le principe du Tokimeki State, et sur un tas de calculs compliqués pour la montée des caractéristiques du personnage principal, qui vont lui permettre avec d’autres nombreuses actions, de monter son affection avec les personnages du jeu ! Son niveau d’affection à la fin d’une partie de jeu déterminera la nature de sa relation à venir avec son élu.

Ici l'exemple de quelqu'un qui n'aime que ses amies, mais normalement le cœur se rempli !

Ici l’exemple de quelqu’un qui n’aime que ses amies, mais normalement le cœur se rempli !

Ce qui m’a de suite plu dans ce jeu, c’est son côté « simulation de vie au lycée »: le jeu propose de gérer un calendrier qui se déroule sur trois ans. Trois ans de lycée ponctués d’événements, de mini-jeux, d’examens, de choix de dialogues, de rendez-vous, de vêtements, de mails, de CGs, etc…

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Ce que l’on voit le plus souvent, l’interface de gestion des activités

La gestion des activités et des caractéristiques est au donc cœur du gameplay. Chaque activité va permettre de monter/baisser certaines de nos caractéristiques: étudier fait monter l’Intelligence, lire des magazines fait monter le Style, dormir diminue le Stress, passer du temps en club ou avec des amis monte le Social, etc.

Le week-end et les jours de congé, il est possible d’utiliser son téléphone pour trouver un job ou planifier un rendez-vous, faire du shopping, sortir en rendez-vous galant , ou encore demander des comptes à son petit frère qui récupère les infos sur les personnes du lycée pour nous. So cute.

Gestion de garde-robe

Gestion de garde-robe

La gestion de garde-robe est un autre aspect du jeu qui vient s’ajouter dans cette dating-sim. Car en effet chaque garçon s’intéresse de près à la mode, a ses préférences en matière de style vestimentaire, et ils sont au taquet sur les tendances ! De même, si vous portez un mini-short et un débardeur en plein hiver, vous pourrez passer pour folle.

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Interro lors de la sortie scolaire/rendez-vous ! Gaffe.

Enfin les fonctions classiques de choix de dialogue viennent proposer un peu d’interaction durant les rendez-vous. Une bonne réponse vous assurant un rendez-vous qui se déroule bien. Et en plus de ça, dans la version « plus » sur DS, il est possible de poke les personnages grâce à la fonction tactile !

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C’est parti pour le harcèlement tactile !

Si un poke est bien fait, au bon moment et au bon endroit, alors notre amour ou amitié peut monter ! Le cas échéant, cela peut faire baisser le Tokimeki state !

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Mini-jeu durant la festival des spots au lycée

Avec tout ça, il y a également quelques mini-jeux qui viennent agrémenter la vie de lycéenne. De mémoire, ceux du festival des sports, la bataille d’oreiller durant le voyage scolaire, et la diabolique fabrication de chocolat pour la Saint-Valentin.

Le mini-jeu du diable !

Le mini-jeu du diable !

L’univers fictionnel et ses représentations

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Aperçu des principaux personnages que l’on peut draguer avec qui éventuellement construire son avenir

Ce jeu est une belle simulation de plongée dans un shojo manga, avec tous les codes du genre shojo, mais aussi ceux du dating-sim à la japonaise tels qu’ils avaient été posées en 1992 avec le jeu Dokyusei (Elf). L’univers lycéen, les archétypes très marqués des personnages, la romance très platonique et innocente jusqu’au bout, mais également de nombreuses références à la culture japonaise telle qu’elle est fantasmée, constituée et représentée dans les productions de l’industrie culturelle otaku et shojo.

Ainsi l’univers décrit va utiliser les représentations classiques de cette société, à commencer par les espaces et lieux qu’il est possible de fréquenter. La ville, imaginaire, n’est ni trop grande, ni trop petite, à la fois proche de la mer et de la montagne. Il y a tout ce qu’il faut pour satisfaire les divers besoins des rendez-vous galants, et elle évolue au fil des saisons.

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Un rendez-vous tout à fait banal au parc.

Au printemps, il est possible d’aller admirer les cerisiers en fleurs avec son futur petit ami, en été d’aller à la plage ou enfiler un yukata pour assister au feux d’artifices. En automne, nous sommes conviés à aller admirer les feuilles des arbres changer de couleur à la montagne, et en hiver à passer une après-midi à faire du ski. En plus de cela il est possible de se rendre dans tous les lieux pour passer un bon moment entre amis: karaoké, game center, bowling, parc d’attractions, centre commercial, aquarium, planétarium, jardin botanique, parcs, piscine, musée, et j’en oublie sûrement.

Les différents événements que l’on rencontre durant les années lycée, tels le voyage scolaire, la fête de Noël chez le proviseur, la visite au temple du jour de l’an, la saint-valentin (argh!), contribuent également à alimenter cet univers dépeignant une société idéalisée. De plus, les événements liés à l’univers lycéen sont nombreux : le festival des sports, le camp d’été, les examens, le festival de la culture (où l’on fini forcément un jour par faire un maid café…). Finalement, il est dépeint un univers adolescent très romancé, qui tend comme souvent dans ce type de production à idéaliser la période de l’adolescence et du lycée.

Enfin, je passerai sur la construction des personnages et des relations…

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Les relations qui se construisent sont plutôt bien résumées ici http://fantashii.deviantart.com/

A part celle avec Mihara, le début de celle avec Jin, elles ne sont pas trop trop toxiques ou malsaines… Mais quand même ! Le gars du Kansai est (comme d’habitude) bronzé, il a un accent à couper au couteau, et c’est un flemmard. Je dis ça, je dis rien.

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Et en plus il est parfois un peu lourd (mais il cuisine♥)

Et les intellos il ont des lunettes !!! Enfin bon, il y aurait des choses à dire ! Mais trop de choses… Vous vous ferez votre avis car mine de rien ils sont tout de même très attachants !

Pour aller plus loin

Tokimeki Memorial Girl’s Side 1st Love est un otome particulièrement intéressant pour moi, car son succès au Japon et en Occident (on peut parler de succès même s’il n’est pas vraiment sorti…) marque plusieurs moment-clé dans l’histoire de l’industrie de l’otome.

Dejà, le fait d’être présenté comme une « version féminine » d’un bishojo game, le fait contribuer à construire le genre otome game comme une « version fémininsée du bishojo game ». Cela pose une hiérarchie implicite entre jeu d’origine, jeu adapté : contenu masculin > contenu féminin. Même si aujourd’hui le genre otome est devenu tout à fait autonome et détaché du marché des bishojo games, cette idée d’une mécanique « inversée » a laissé des traces. Traces que l’on retrouve notamment dans l’expression « harem inversé » (que je déteste, j’en parlerai un jour).

Le succès de ce jeu contribue à poser les codes du genre otome, très fortement inspiré de l’univers du shojo manga, et aussi en partie du bishojo d’après 1992 (la romance platonique, entre autres). Les archétypes masculins construits ici font écho à de nombreuses références shojo (et de l’univers otaku et de la romance en général). On retrouve le mystérieux et introverti, l’artiste tête à claques (pardon), l’intello adorable, le sportif maladroit, le « gars sympa du kansai », le prof froid et distant, etc. De même l’héroïne correspond à ces « coquilles vides » qu’analyse Emily Taylor, et que la joueuse est invitée à remplir par le processus d’identification à l’avatar.

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C’est surtout sous cette « forme » que l’on représente l’héroïne

Enfin le jeu connaît un fort succès au sein des communautés de fans d’otome et dating-sims en occident. La série fait partie des plus gros projets de traductions par les fans d’otome que j’ai pu rencontrer jusqu’à ce jour. D’ailleurs si vous en connaissez d’autres, je suis preneuse ! Ce jeu a été traduit par les fans vers 2010, 2011, soit juste avant l’arrivée de la vague des traductions d’otome sur smartphones qui a fortement contribué au succès du genre en occident. Il fait donc partie de ces jeux qui ont aidé à populariser le genre en occident au travers des communautés de fans sur internet.

C’est un jeu que j’aime utiliser en exemple lorsque je parle de la construction du genre otome game… J’ai tendance à le conseiller à droite à gauche, alors si vous ne le connaissez pas, foncez ! Si vous connaissez déjà ce jeu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Voilà, je terminerai donc cet article avec un hommage aux fans grâce à qui nous avons aujourd’hui de plus en plus de localisations du genre en occident. Fans je vous aime.

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Hommage particulier à celle/celui qui a su exprimer tout ce que je ressentais avec ce mini-jeu du diable

Référence bibliographique :

TAYLOR, Emily. Dating-simulation games: Leisure and gaming of Japanese youth culture. Southeast Review of Asian Studies, 2007, vol. 29, p. 192-208.

 

Tokimeki Memorial Girl’s Side 1st Love « Plus »
Développé par : Konami
Plateforme : Nintendo DS
Sorti en 2007

2 Comments

  1. Ton article m’a rendue nostalgique !
    C’est avec ce jeu que j’ai commencé avec les otome games. J’y avais joué en 2011 quand j’avais découvert qu’il existait une fantrad !
    Au début, j’avais pas vraiment compris le concept du jeu où les stats ont toutes leur importance ! Du coup, la première fois que j’y ai joué, je me suis retrouvée toute seule à la fin lol… Le seul souci pour moi pour ce type de jeu c’est qu’il faut absolument jouer avec un guide, sinon c’est juste impossible xD
    Bref je crois qu’ils ont traduit les trois jeux TMGS, non ? Il y a juste que la traduction du 3ème est pour le jeu PSP il me semble. Sinon, il y a aussi eu d’autres traductions d’otome sur DS, mais je ne sais pas si tu connais déjà : Love Revo et Tennis no Oujisama (il y a eu 2 jeux DS mais un a été traduit).

    Voilà en tout cas c’est sympa de voir que d’autres personnes ont joué à cette série !

    • Ah ! Merci pour le tuyau, je n’avais pas entendu parler de ces fantrads ! Je vais découvrir ça au plus vite 🙂
      J’ai trouvé une fantrad du 3 sur DS… Mais je ne l’ai testé que rapidement, j’aimerais bien le jouer plus en profondeur.Toutefois le 1er reste mon préféré ^^ et… le premier coup moi aussi j’avais fini seule (enfin, avec le frangin pour me consoler… yeah.) J’avais trouvé un excellent site qui parlait des stats dans ce jeu, et gamesfaq a quelques guides sympas aussi.

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