Après avoir rédigé une review générale sur Norn9: Var Commons, j’ai promis une série d’articles analysant les relations entre chacune des héroïnes et leurs prétendants. Au travers de trois héroïnes, il est possible d’expérimenter l’incarnation de trois représentations différentes de féminités et des relations qui vont avec. Comme c’est la première héroïne que j’ai jouée, on commence donc avec Koharu et ses trois piou-pious. Kakeru, Senri et Masamune: trois jeunes garçons en apparence adorables et tout gentils…

Cet article fait suite à Norn9: Var Commons, Review (1/4) qui présente le jeu.

Préambule: une analyse subjective de la romance

J’avais l’envie de pousser une analyse de représentations de la romance un peu plus loin que d’ordinaire. Et surtout sur un objet différent de celui de mon travail de thèse. Toutefois, j’utilise les mêmes outils que j’adapte simplement à un objet similaire.

« Chaque groupe de garçons assigné à une héroïne nous raconte des choses sur cette dernière. Et au final, derrière chaque héroïne se cachent également différentes facettes du récit de la romance hétérosexuelle telle qu’elle est construite dans nos sociétés. De plus, elles permettent de proposer des représentations de féminités différentes …« 

Voilà ce que je disais dans l’article précédent : dans ces relations, il semble logique que la romance construite va être corrélée à la personnalité de l’héroïne. Il s’agira donc de comprendre ce que cela implique dans la construction des représentations à la fois de la relation, et de la féminité. Car au final, il semblerait que se construisent conjointement romance et féminité. Reste alors à comprendre les moyens utilisés pour cette construction.

Une autre question que l’on peut également se poser dans cette optique: existe-t-il un dénominateur commun dans les relations, qui serait lié à la construction de  l’héroïne?

Avertissement SPOILERS

Cet article contient des spoilers sur l’évolution des romances (en même temps bon… on sait comment ça se termine). Il y a très peu de spoils sur l’intrigue principale de Norn9, et ceux-ci sont sous balise.

Cette analyse propose (inévitablement) une interprétation subjective des romances et différentes routes. Du coup je vous conseillerai d’avoir joué au jeu, avant de lire cette analyse afin que celle-ci ne vous influence pas dans votre découverte. Mais si vous n’en avez pas envie, c’est aussi votre droit, alors c’est parti!

L’héroïne: Koharu

Koharu a 17 ans et a le pouvoir de manipuler le feu. Elle a passé une grande partie de sa vie seule sur une colline, exclue de toute forme de société à cause de ses dons. Ceci suscite bien des questions (comment a-t-elle survécu? Argent? Nourriture? oO), mais passons ces détails futiles! A force d’être isolée elle en est venue à oublier son nom, puisque personne ne le prononçait… Elle attendait le jour où le vaisseau viendrait la chercher depuis très longtemps et est très heureuse d’avoir l’occasion de se faire des amis à bord du Norn.

En se préparant pour ce jour tant attendu, Koharu a lu de nombreux livres, dont des guides de bonnes manières dont elle applique scrupuleusement les conseils. Elle parle ainsi de façon extrêmement polie, et tente d’être attentive à son comportement avec les autres afin que tout se passe bien. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un gouffre. Sa spontanéité la rattrape vite et les diverses attitudes des autres passagers du vaisseau (qui n’ont pas lu les mêmes livres) vont très souvent la mettre face à l’inconnu. Il y a donc également de nombreuses choses qu’elle ne comprend pas, et elle se retrouve souvent dans des moments d’incompréhension.

Une féminité infantile

En ressort une héroïne très infantilisée. Car découvrant le monde, elle sait finalement faire et comprendre peu de choses par elle-même. Et ce qu’elle comprend ou ses propres capacités auto-acquises, elle en doute. Elle est douce, gentille, naïve, maladroite, serviable, et peu sûre d’elle. Elle a également lu de nombreux contes de fées dont les histoires de prince et de princesses la font rêver et s’interroger sur la réalité des relations romantiques. Elle va très vite admirer Mikoto qui pour elle représente la figure de la princesse et de la « lady »: une féminité idéale à laquelle elle aspire. Ces lectures lui ont également permis d’acquérir un grand sens du bien et du mal, même si elle ne sait pas toujours distinguer les nuances du mal chez les autres. De ce fait, elle semble manquer de maturité et semble facile à manipuler.

Son côté femme-enfant se retrouve dans son langage respectueux des ainés, et dans la traduction anglaise par la façon dont elle ajoute « Mr. » aux prénoms des personnages. Évidemment, c’est très mignon, et c’est ainsi qu’est mise en avant Koharu. Elle est petite, sage, innocente, souriante, et comme elle n’a pas confiance en ses propres capacités, elle est également très docile et à l’écoute des avis des autres. C’est une otome parfaite, décrite par les autres personnages comme « kawaii »/ »cute ».

Koharu ne connait rien de la vie et c’est un excellent ressort narratif pour découvrir le monde fantastique qui nous est décrit à travers ses yeux. De même les personnages romancés sont décrits à travers ses yeux qui découvrent et s’émerveillent de l’existence d’êtres différents.

Yuiga Kakeru: petit poison

La route de Kakeru est la toute première route que j’ai jouée. Et elle est plutôt plaisante si l’on arrive à se faire au personnage. C’est également la romance la plus construite des trois (car considérée comme LA route de Koharu).

Kakeru affiche son pouvoir qui est de manipuler les plantes (je veux le même). Souriant et plein d’entrain, c’est un garçon très malin qui se débrouille pour n’agir que dans le sens qui l’arrange. Volontairement, il énerve tout le monde et s’en amuse, c’est un grand gamin… Bien que charmant, j’ai été dérangée par son côté sadique et égoïste, notamment dans ses rapports avec le jeune Senri qu’il malmène. Car même s’il a un bon fond, et que cela part de bonnes intentions, son comportement avec Senri est dérangeant. Si l’on apprend un peu mieux ses raisons dans la suite du jeu, ceci n’excuse en rien le traumatisme causé à Senri (protect him ♥).

Kakeru reste toutefois un personnage assez drôle, même s’il devrait rapidement revoir sa notion de ce qui est amusant. Dans ce ressort fictionnel, il est bon que le personnage réalise que son comportement n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus recommandable, et qu’il soit souligné que c’est problématique.

Aaah

Avec Koharu

Bref, Kakeru est un poison avec tout le monde: sauf avec Koharu pour qui il craque quasi-immédiatement, c’est évident. Tout le monde le voit, sauf… Koharu, bien sûr. Cette relation va se baser sur une recette classique faite de plusieurs points-clé. Ceux-ci ne sont pas exhaustifs, je mets en valeur ce qui semble le plus évident.

Les taquineries

Kakeru taquine souvent Koharu, en exploitant la naïveté de celle-ci, et sa difficulté à comprendre le second degré. Toutefois ses plaisanteries envers Koharu sont beaucoup plus innocentes que celles qu’il fait subir aux autres membres du Norn et ne durent pas. Très vite il lui explique en quoi c’est une plaisanterie et surtout, il n’abuse pas de cette naïveté. Le fait que le traitement qu’il réserve à Koharu sur un trait qui le définit soit différent, met en avant le côté spécial de leur relation.

L’admiration et acceptation

Koharu admire d’autant plus Kakeru et ses capacités qu’elle se sent à l’opposé de lui. Il est a l’aise avec tout le monde et a le pouvoir de faire s’épanouir la vie. Elle est timide et mal à l’aise avec les autres et son pouvoir est pour elle synonyme de destruction. Kakeru, lui va justement admirer chez Koharu des qualités dont il pense qu’elles lui font défaut: la franchise, la spontanéité, la loyauté, la bienveillance…

L’ambiguité

Kakeru ayant une personnalité borderline, il va créer une certaine ambiguïté dans sa relation avec Koharu. Insidieusement, il fait apparaitre au cours de l’histoire des indices sur lui-même dont il n’est pas fier. Toutefois Koharu découvrant le monde, ne voit pas toujours en quoi ces choses sont mauvaises et surprend Kakeru à plusieurs reprises. De là naitra également l’espoir pour Kakeru qu’une personne puisse l’aimer entièrement, avec ses défauts.

L’idéal du conte de fée

Du côté de Koharu, il y a une pointe de volonté de séduction. Koharu se base sur l’idéal des Princes et des Princesses qu’elle a lu dans les contes de fée. Bien sur, comme Prince, elle pense consciemment à Kakeru. Pour elle Mikoto, qu’elle admire, représente l’image parfaite de la Princesse. Koharu pense que pour trouver un Prince, elle doit devenir comme elle (et s’affame, accessoirement). Toutefois celui-ci lui dira qu’elle n’a pas besoin de ressembler à quelqu’un d’autre pour être appréciée.

La relation qui « sauve »

Comme beaucoup… Koharu souffre d’un gros déficit d’affection suite à sa vie en solitaire. Elle laisse donc quand même l’impression de s’attacher très vite à tout ce qui ressemble de près ou de loin (ici de très loin) à de la gentillesse. Kakeru lui, semble souffrir de la toxicité de sa personnalité égoïste et sadique et est surpris par la capacité de Koharu à voit ce qu’il y a de bon en lui (moi aussi, je suis surprise). A travers cette romance les deux vont se voir être « sauvés », métaphoriquement bien sur, en comblant l’un et l’autre ce qui leur manquait dans la vie, mais également dans le scénario.

Spoiler

En effet, sur cette route, Kakeru se retrouve victime d’un lavage de cerveau et en vient à agir contre les membres du Norn, qui sont ce qui se rapproche le plus de ses amis. C’est la force de conviction de Koharu qu’elle aura forgée auprès de lui qui va ramener la conscience de Kakeru et l’aider à se défaire de ses démons.

C’est finalement plus Koharu qui sauve Kakeru que l’inverse.

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Ichinose Senri: « sigh »

Senri est jeune garçon d’apparence fragile et de faible constitution. Il n’aime pas faire des efforts et préfère passer son temps dans sa chambre isolé. C’est quelqu’un d’introverti qui a priori n’a aucune envie de créer des liens avec les autres. Ayant été maltraité par les adultes durant sa jeunesse, il s’est fermé au reste du monde.

C’est un garçon qui se définit lui-même comme pessimiste. Il est plutôt perspicace et fait aussi preuve d’un grand cynisme. Il est régulièrement malmené par Kakeru, qui le force à sortir de sa chambre, participer aux activités et se socialiser. Toutefois les méthodes de Kakeru ayant principalement pour but de se distraire lui-même, ce n’est pas très efficace.

La route de Senri est sympa car j’ai trouvé le personnage vraiment attachant. Mais j’ai aussi trouvé que c’était l’une des moins développées et la romance y est moins intense (remarquez, ça fait du bien de souffler parfois…), mais très mignonne.

Senri, tes aspirations dans la vie?

Avec Koharu

Avoir Koharu comme partenaire va l’aider à s’ouvrir petit à petit aux autres. Finalement, lui et Koharu se ressemblent beaucoup, ayant tous deux grandit isolés. Mais pour des raisons différentes. Si au départ Koharu se méprend sur le comportement de Senri, elle va vite comprendre qu’il y a un problème.

Deux enfants

Car oui, c’est ce qu’ils sont: des enfants. Si Koharu n’est pas la plus jeune des filles, la construction de son personnage est claire et en fait une enfant. Senri lui, est le plus jeune des garçons à romancer, et est largement traité comme tel dans la narration. Tous deux se retrouvent régulièrement en position d’infériorité hiérarchique dans une relation de pouvoir « jeune/ainé.e ». Bien que Koharu soit plus âgée, elle n’est toutefois pas en mesure de se placer dans une posture supérieure car il lui manque trop de connaissances pour prétendre à la maturité…

Senri explique la vie à Koharu… Il est plutôt direct

Bienveillance

Toutefois, dans cette relation Koharu cherchera à protéger Senri des « attaques extérieures » (suivez mon regard vers Kakeru). Elle va finir par se positionner par rapport aux autres membres qui eux et souhaitent accélérer l’évolution de Senri dans ses rapports humains. Senri pourrait déplorer ne pas être en mesure de protéger Koharu de la même façon, mais la suite de l’histoire montre qu’il a de la ressource.

Isolement

Ça fonctionne bien ça! Senri s’est accommodé de cette solitude qu’il chérit. Contrairement à Koharu qui l’a subit de façon profondément négative et cherche à s’en sortir. Leur rencontre va les forcer à fréquenter quelqu’un qui comprend la solitude, mais en y réagissant totalement différemment. Comme Senri tend à vouloir s’isoler, Kakeru va aller dans son sens pour ne pas le contrarier et ne pas rester seule elle-même. Au final les deux s’isolent davantage du reste de la troupe que la plupart des autres couples. Ils vivent leur petite vie à deux dans leur coin et deviennent inévitablement dépendants l’un de l’autre.

Une complicité dans l’intimité

Il y a ici une relation construite dans l’intimité. C’est un sujet qui revient souvent sur cette route puisqu’il s’agit de quelque chose d’extrêmement important pour Senri. Pour Koharu c’est aussi l’occasion d’apprendre à gérer cette intimité qu’elle ne saisit pas forcément. Les personnages se retrouvent souvent seuls, et ce, plutôt rapidement.

Quelques détails

Vers le début, Senri et Koharu partagent un moment de sieste ensemble, et dans le même lit. Si Koharu ne voit bien sur pas le « mal » qu’il y a a ça, Senri lui est de suite mis mal à l’aise d’avoir passé un moment aussi intime avec une fille qu’il connait à peine. Bien sur, les autres passagers les ayant surpris, ils ne manqueront pas de charrier Senri sur ce point.

J’en profite pour préciser qu’une fois encore, la nature du pouvoir du garçon qu’elle affectionne va troubler Koharu. En effet Senri maitrise l’eau et elle le feu. Symboliquement, il agit donc comme un catalyseur sur Koharu, ce qui va être confirmé lorsqu’il  viendra la sauver à la fin de la route.

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Cette intimité constante entre les deux contribue évidemment à construire des liens forts et spéciaux. Ce sont ces liens entre Koharu et Senri qui les sauveront des mauvais choix que lui et elle pourraient faire. On apprend vraiment pas grand chose sur l’intrigue générale sur cette route… C’est aussi ce qui en fait une romance assez douce, puisqu’elle n’est pas trop perturbée par des éléments extérieurs.

Toya Masamune : alerte au sucre

Autant dire qu’il m’a bien eu. C’est une des routes que j’ai jouée en dernier, de celles où l’histoire se révèle un peu plus… Sur toutes les autres routes faites avant (cinq, quand même), Masamune m’avait semblé gentil, bienveillant, attentionné, doux, protecteur, bien que un peu maladroit, donc craquant. Et en fait… oui, il l’est. Mais ce n’est pas tout! Après une route éprouvante avec Mikoto, je m’étais dit: « Oh chic, Masamune! Du fluffy et de la barbapapa avec Koharu! » Que. Dalle.

Sucre

C’est aussi un « adulte » incapable de contrôler ses pulsions envers une jeune fille de 17 ans lorsqu’il avale du sucre. Parce que Monsieur est saoul. Eh oui. Masamune a un métabolisme particulier. Ça arrive, mais ça n’est pas une excuse!

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C’est un peu le grand frère de la bande. Masamune communique directement avec « The World », l’organisation ayant recruté les espers sur le Norn. Par conséquent, il cache un truc, c’est sur. C’est aussi lui qui gère les problèmes de tout le monde sur le Norn et se charge de maintenir la paix et l’harmonie entre les passagers. Il va résoudre les conflits, rassurer les uns, conseiller les autres, etc. En cela il semble être plus mature que certains… Hum.

Avec Koharu

Rapidement on se rend compte que Masamune est une personne très occupée… Ce qui fait qu’à travers Koharu on se sent un peu délaissée. Toutefois Masamune prend du temps pour enseigner des choses tous les jours à Koharu (et il est chou avec des lunettes). Leur relation va donc dans un premier temps se construire sur ce rendez-vous quotidien.

Adulte et professeur

Comme adulte, Masamune a très vite une position de supériorité par rapport à Koharu. Étant « celui qui a des responsabilités sur le Norn », également. En tant que partenaires sur le Norn, Masamune va également se sentir responsable de Koharu qui serait une cible facile pour diverses blagues et farces (>.> Kakeru). Et on va en rajouter une couche avec une posture d’enseignant. En mode « I’m useless », Koharu culpabilise. Par son affection, elle va donc chercher à donner un sens à sa présence sur le Norn en tenant de rendre à Masamune une part de tout ce qu’il lui apporte.

Trouble

Masamune ne sait pas ce qu’il veut, il est plus que maladroit. A plusieurs reprises ses actions et décisions vont semer le trouble chez Koharu. Perdue dans des sentiments contradictoires entre son affection pour lui, et son envie de lui faire plaisir… Elle est perdue. Tu parles d’un adulte responsable!

Des détails pour illustrer

D’abord, très tôt sur cette route, Masamune va embrasser Koharu passionnément sous l’effet du sucre. Puis le lendemain, il passe en mode « comme si de rien n’était ». Koharu, férue de contes de fées, pense qu’un baiser doit être quelque chose de spécial.
Suite à cela, rongé par la culpabilité, Masamune décide de dissoudre leur partenariat. Koharu va en être profondément affectée et troublée. Elle réalisera en partie son envie de rester à ses côtés devant cet ultimatum. Je ne trouve pas ça bon, même si Masamune va à plusieurs reprises reconnaitre qu’il a eu un comportement problématique.

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Devoir et intégrité

Si Masamune est si hésitant, c’est qu’il a ses petits trucs à lui. Son devoir envers The World prend une place importante dans le déroulement de cette relation.

Des détails

Pour le dire grossièrement, Koharu va se mettre entre lui et The World. Les sentiments qu’il développe envers elle vont remettre en cause son intégrité envers The World, mais également envers les autres passagers du Norn. On comprend que le rôle principal de Masamune est de faire en sorte que les espers à bord du Norn s’entendent bien et se fassent confiance. Et ce, afin qu’ils puissent s’accorder sur la décision finale une fois arrivés à destination.

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Son sens du devoir fait souvent passer Masamune pour un moralisateur

Entre malaises et attachement

Un pas en avant, un pas en arrière… Masamune c’est les montagnes russes de l’émotion pour Koharu. J’ai trouvé sa route correcte, sans plus. Koharu est adorable et attachante, comme toujours, on en sait un peu plus sur l’intrigue principale. Toutefois j’ai été mise plutôt mal à l’aise par le comportement de Masamune. Sans doute parce que je ne m’y attendais pas! D’autres seront peut-être plus attiré.e.s par lui que je ne l’ai été.

Bon et puis il y a un malaise: on a quand même un « adulte » de 24 ans qui craque pour une gamine de 17ans (et qui est dépeinte clairement comme une enfant). Même si Masamune ne fait pas du tout ses 24 ans, on tombe dans une relation où s’installe un rapport hiérarchique fort. Ce rapport va contribuer à définir cette relation, avec une Koharu qui se sent inutile à cause de: son age, son manque de connaissances, son statut au sein du groupe. Elle va inévitablement être dépendante de l’affection et l’attention que lui portera Masamune. Ce qui heureusement ne l’empêchera pas de prendre certaines décisions par elle-même.

Koharu, l’héroïne qui grandit (ou pas…)

Koharu représente la femme-enfant: celle qui touche le cœur des hommes par son innocence. Bien sur, ce type de féminité permet d’exacerber des valeurs masculines telles que le protectionnisme, la responsabilité… L’un des points communs de tous ces garçons est leur attention protectrice envers Koharu, son intégrité physique, ou ses sentiments. Tous, à leur façon, expriment leur volonté de faire ce qui est bon pour elle, parfois sans l’avis de Koharu…

En effet, dans ces différentes relations le rapport femme-homme se constitue sur des rapports de pouvoir. Lae dominant.e ayant la connaissance et le bon sens sur les expériences de la vie. Dans ces rapports, Koharu semble inévitablement désavantagée. Il faut qu’elle gagne en maturité pour se positionner en égale face à ces jeunes hommes. Seulement, elle a un mode de pensée différent en ce qui concerne les relations sociales, et qui s’avère plus perspicace et pertinent qu’il n’y parait.

Ayant grandit en dehors des relations sociales, Koharu n’a qu’une idée partielle des normes. Les garçons eux, culpabilisent de ne pas correspondre à ces normes: Kakeru s’en veut d’être un égoïste calculateur, Senri d’être faible et de ne pouvoir se défendre, et Masamune de ne pas correspondre à l’image d’adulte responsable qui lui incombe. A plusieurs reprises Koharu va remettre en question ces normes dans lesquelles n’entrent pas les personnages masculins. C’est en cela qu’elle va contribuer à leur redonner confiance en eux et devenir suffisamment forts pour qu’ils deviennent son « Prince ». Finalement, elle n’est pas si « enfant » que ça… C’est juste qu’elle ne correspond pas aux normes attendues d’une adolescente mature. Il est dommage que cela la travaille autant.

Teasing : la suite ?

Avec Koharu, on peut également commencer à réfléchir à cette idée, quasi omniprésente dans les productions culturelles: la romance fait évoluer les personnages. Elle résout leurs problèmes et leur permet d’être épanouis et sereins. Ceci véhicule l’idée que le couple est LA situation idéale d’épanouissement. Vous l’avez compris, je m’insurge contre ce dictat, et pourtant c’est l’idée de base de la création d’un otome game.

La prochaine héroïne dont les relations seront passées à la loupe sera donc Nanami! D’autres problématiques sont à aborder, et je pensais notamment à celle de la solitude. Mais ça, j’ai envie de dire, c’est TOUT LE MONDE. C’est le gros sujet du jeu… Faire face à la solitude que l’on ressent face à soi-même.

Ce sera aussi l’occasion de parler de Ron Muroboshi, raaaaah (╯°□°)╯︵ ┻━┻

N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ces interprétations. La discussion est ouverte!