J’ai parlé de ce jeu dans le 30 Day Video Game challenge en décembre dernier. Et j’avais plusieurs fois promis d’en parler plus longuement… En effet, Kissed by the Baddest Bidder est un de mes otome préférés sur smartphone, bien que j’en ignore encore vraiment les raisons. Alors, voici une review à ma sauce de ce jeu, disons le, un peu douteux !

Lors de mes cours, quand j’aborde l’industrie de l’otome, je finis toujours par présenter rapidement Kissed by the Baddest Bidder au moment où je parle de l’émergence des jeux sur smartphone. Je le trouve emblématique car il réunit tous les ingrédients qui font qu’un otome va à la fois beaucoup plaire au public en étant malgré tout particulièrement malsain. De plus, ayant très bien marché, et étant très bien noté, il fait partie des produits phares du studio Voltage Inc, et sert un peu de vitrine pour ce studio.

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Alerte spoils : malgré tout ma bonne volonté, cette review balance des spoils sur les histoires! La plupart sont mineurs. Je préviendrais en début de rubrique de ce à quoi il faut s’attendre!

Kissed by the baddest bidder: c’est quoi ce jeu?

Kissed by the Baddest Bidder est développé par Voltage Inc, une boite japonaise qui fait partie des leaders otome sur plateforme mobile. Le jeu est disponible sur smartphone en occident depuis 2014, « traduit » en anglais, et se présente sous la forme d’un visual novel : système de choix et fins alternatives. Ces fins sont en général des « good » et « happy » ending, donc ça va, on ne prend pas trop de risques. Le principe est très simple : les histoires sont divisées en petits chapitres, chaque personnage masculin ayant sa route à suivre. Le début de l’histoire et chaque début de route sont gratuits pour donner envie. Pour connaître la suite, il faut l’acheter.

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Pas de « bad ending », quoi qu’il arrive, tout se passera « bien »

Pas de tickets, de points, de bonus ou quoi que ce soit, l’annonce est claire : le jeu est payant ! Bon au moins, une fois qu’on a une histoire, on peut la jouer/lire et la rejouer/relire à souhait… J’ai profité d’opérations commerciales pour acheter les saison 1 des cinq principaux personnages, que je vais donc présenter ici! Il y a eu des ajouts de personnages depuis, mais j’avoue que je n’ai pas très envie de me lancer là dedans, la bande des cinq premiers étant déjà bien costaud à se farcir (et puis bon ça coûte des sous !).

Ça vaut le coup de payer ?

Les bundle de la saison 1 coûtent tout de même 8,99 pour une main story de 12 épisodes (2 fins), un épilogue à 3 ep, un sequel à 7 épisodes (2 fins), et l’épilogue du sequel à 3 épisodes. Soit en tout 25 épisodes et 4 fins : le tout donnant bien au moins deux à trois heures de jeu. Les saisons suivantes sont moins chères, et le jeu a été amélioré, donc à voir. A cela s’ajoutent régulièrement des histoires courtes entre 1,99 et 3,99 euros.

Cela pourrait être raisonnable si la qualité était vraiment au rendez-vous, or le jeu souffre de quelques soucis au niveau des graphismes parfois un peu bâclés et d’une traduction approximative.  Voltage Inc faisant également dans le recyclage de décor d’un jeu à l’autre, voir même du recyclage de personnages secondaires. Toutefois, si on aime le style, certaines illustrations sont correctes. D’autres restent moyennes… Ne l’oubliez pas, il s’agit d’un jeu sur smartphone, et donc de budgets réduits… Le principal intérêt de la dépense réside alors dans l’histoire, l’évolution des personnages et de leur romance (somme toute souvent improbable).

Le pitch

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Le premier chapitre d’introduction est accessible gratuitement : vous, nous, l’héroïne, travaille comme femme de chambre au Tres Spades, un très grand hôtel de luxe à Tokyo. Pour X raisons, elle se retrouve au sous-sol le jour d’une réception exceptionnelle et casse une magnifique statue hors de prix. Aïe ! La statue devait être mise aux enchères et vous ne pouvez pas rembourser (vous êtes femme de chambre, vous avez un trop petit salaire).

Qu’à cela ne tienne ! Vous n’avez qu’à être vous-même vendue aux enchères (trafic d’humains ? Mais non, aucun problème)… Vous atterrissez donc comme lot et finissez achetée (20 millions de dollars quand même) par un groupe d’hommes tous plus canons et bizarres les uns que les autres et à l’éthique douteuse. A vous de « choisir » lequel sera votre… propriétaire. Et voilà, j’ai la nausée !

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« Who will you be sold to ? » Je vous dis pas ma tête quand j’ai vu ça

Moi et mes cinq petits amis louches: les personnages

Ces cinq hommes sont en réalité les sponsors des enchères secrètes (un marché noir, quoi) qui ont régulièrement lieu à l’hôtel : riches, beaux et torturés… Malgré le fait que tous les garçons soient totalement névrosés et que leur potentiel psychopathe soit largement au dessus de la moyenne, il y en a de très attachants. Dans la plupart des histoires où elle est séquestrée à l’hôtel, le but de l’héroïne est de rembourser sa dette pour se retrouver libre, d’une façon ou d’une autre.

Pour cela son propriétaire lui trouvera une utilité (douteuse) qui l’entraînera dans une aventure dangereuse mais palpitante et surtout riche en émotions. Bien sur, au cours de ces aventures, l’héroïne se retrouvera souvent dans des situations inconfortablement érotiques, qui attiseront le désir mutuel des protagonistes.

Alerte spoils: cette partie s’attarde sur les personnages, mais donne tout de même quelques détails sur le début des histoires.

MC, l’héroïne : la femme banale

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Avant de l’oublier tellement elle semble insignifiante, je vous présente l’héroïne! Celle-ci n’a pas de nom par défaut, à vous de lui en trouver un qui vous plaît. Elle n’a pas vraiment d’histoire non plus : environ la vingtaine, on ne sait quasiment rien de son passé, de sa famille, ses loisirs, goûts ou ambitions… Tout ce qu’elle semble avoir dans la vie est son travail pour lequel elle est très dévouée: femme de chambre au Tres Spades hotel. Elle vit dans le bâtiment du personnel, se lève le matin, va au travail, passe du temps avec ses collègues et rentre le soir dans son tout petit appartement. Heureusement qu’elle rencontre cinq types louches pour mettre un peu de piment dans cette vie monotone ! Autre bonne nouvelle pour elle, depuis peu, elle a des yeux…

Eisuke : le King

Eisuke

Itsunomiya Eisuke, le patron de l’hôtel, riche héritier de la famille Itsunomiya. Très imbu de lui-même, il a du succès à la fois en affaires et auprès des femmes. Arrogant, malpoli, il ne supporte pas qu’on lui dise non. Un enfant (trop) gâté. Absolument imbuvable et odieux avec l’héroïne, il décide de la faire passer pour sa petite amie afin d’être tranquille et ne plus être harcelé par ses groupies. En plus de cela, il est manipulateur, parfois hypocrite, et il sait parfaitement changer de personnalité en public. Ah, et j’allais oublier qu’il malmène physiquement l’héroïne à coup de plaquage contre les mur (kabe don), de serrage de poignets, de visage, etc. Juste, flippant. Visage du jeu, il est très populaire auprès du public .

Narcissistic pervert  potential : +++++

Soryu : le mafieux

Soryu

Oui, le mafieux. Soryu Oh fait partie de la mafia chinoise, les Ice Dragons, dont il dirige la branche japonaise à Tokyo et lui non plus n’aime pas être contredit. Il porte constamment son arme sur lui qu’il n’hésite pas à dégainer dès que quelque chose ou quelqu’un le contrarie. Très froid et distant, odieux avec l’héroïne qu’il appelle « woman » pendant bien toute la première moitié de l’histoire, il va également passer ce temps à lui dire de se taire, d’obéir et la menacer. Il lui trouvera une utilité lorsque la fille du boss mafieux arrivera de Chine pour trouver un fiancé au Japon. Si vous aimez être traitée comme un objet encombrant, Soryu est l’homme fait pour vous. Mais malgré tout ça c’est peut-être le plus « normal » au final…

Psychopath killer potential : ++++

Ota : l’artiste

Ota

Kisaki Ota, artiste et mannequin ! Un peu de goût, d’esthétique et un sourire angélique dans ce monde de brutes… Oui mais non, parfois je me demande s’il n’est pas le pire. Ota est très charmant, amical, gentil, drôle, mignon et plutôt attachant. Il  vous trouve de suite particulièrement mignonne… Car vous lui rappelez le chien de son enfance, Koro. Vous avez la même expression et vous cheveux sont de la même couleur que son pelage. Ota va donc s’occuper de vous comme il s’occupait de son chien chéri, au point de vous renommer et vous donner le nom du chien. Ça fait toujours plaisir… Donc attention, car derrière son masque de gentillesse se cache un sale gamin exigeant.

Sadistic potential : ++++

Mamoru : le flic corrompu

Mamoru

Ce qu’il y a de bien avec Kishi Mamoru, c’est que ses intentions envers vous sont claires: il n’en a rien à faire de vous, vous le saoulez, lui ne voulait pas vous acheter. Vous n’êtes qu’une gamine encombrante sans sex appeal (il le précise, oui) qui va n’être qu’un fardeau: « what a pain in the ass », est son expression préférée. Mamoru n’est absolument pas bienveillant envers vous, vous traitera comme une enfant, et va se servir de vous pour ses seuls intérêts en vous renvoyant à votre « vendeur » (au vendeur de la statue). Vous aurez donc vite l’impression qu’on se débarrasse de vous, puis qu’on vous utilise. Malgré ça Mamoru se révèle quand même l’un des plus sympa envers l’héroïne, c’est dire ! Car derrière ce caractère bougon et laxiste, vous vous doutez bien qu’il cache un secret !

Asshole potential : +++

Baba : le voleur

Baba

Mitsunari Baba est un personnage haut en couleurs très particulier! Célèbre voleur, Lupin des temps modernes, c’est également un gentleman très poli et attentionné, légèrement coureur de jupons. Le genre de voleur qu’on voit dans les films qui ne vole que des œuvres à 1million minimum. Il est un peu très obsédé par le sexe opposé et le fera vite comprendre à l’héroïne, en se montrant un peu très lourd… Mais comme c’est le seul à ne pas être odieux avec l’héroïne dès le départ, on peut avoir tendance à lui pardonner! D’autant qu’il est si attentionné, gentil, et drôle…  Enfin bon, ça reste un criminel un peu tordu  qui ne s’inquiète absolument pas de son anonymat et se balade en pantalon blanc et veste rouge dans la rue en draguant tout ce qui bouge.

Womanizer potential : +++

Baba est mon préféré, sans doute parce que je commençais à désespérer quand j’ai découvert tous ces personnages odieux, et qu’il m’est apparu comme une guimauve au milieu des choux de Bruxelles. Toutefois quelques points clochent aussi dans la mise en place de la relation avec lui comme avec les autres…

Sentiments et syndromes de Stockholm: les relations

Alerte spoils: Cette partie critique la construction des relations et rentre dans les détails des histoires. Bien plus que précédemment ! Si vous ne souhaitez pas être spoilé.e.s c’est donc le moment de passer directement à la conclusion!

Eisuke: la lutte des classes

La relation entre l’héroïne et Eisuke, c’est un peu la bergère et le Prince charmant (enfin, charmant…). Lui a l’argent, la gloire, la beauté, le pouvoir, tout. Un être exceptionnel et une fille normale. Eisuke décide de faire passer l’héroïne pour sa petite amie, et se fait prendre au piège en s’y attachant malgré lui. C’est l’histoire d’amour impossible et merveilleuse, la rencontre de deux créatures vivant dans des mondes totalement différents, que tout sépare et qui finissent par se comprendre. Une jeune femme ordinaire qui se situe tout en bas de l’échelle sociale: la femme de chambre et le grand patron. Un amour qui va au delà du statut social et transgresse les règles.

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Les ingrédients pour une grande histoire ! Mais le prince est un poison… Le scénario excuse cette attitude par des traumatismes de l’enfance, un statut difficile à assumer, la pression… Bref, de fausses excuses! Le rôle de l’héroïne est ici de temporiser cette personnalité et d’apaiser les « angoisses » d’Eisuke par sa présence rassurante de femme normale, honnête et droite: un modèle de vertu. L’employée ramène son patron à la réalité en lui montrant les petits bonheurs quotidiens loin de son monde stressant de luxe et de strass (rassurez vous, il ne renonce pas pour autant à ses activités douteuses).

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Au final, c’est un peu mal amené bien qu’Eisuke soit le personnage principal, celui dont le visage vend l’application, le passage du statut de « fausse petite amie » à « amour toujours » est bancal et maladroit. Franchement je n’ai toujours compris comment elle était tombée amoureuse de lui… Un peu comme par magie, on passe de « quel goujat! » à « je l’aime » sans trop comprendre… Ajoutons la maltraitance psychologique ET physique régulière, et tout ça ressemble davantage à un syndrome de Stockholm qu’à une vraie relation.

Soryu: cœur de glace incompris

Réchauffer le cœur de glace, est le but de cette relation. Soryu n’a aucun intérêt pour les femmes, seul son travail compte! Il ne les aime pas, il pense qu’elles sont toutes les mêmes, superficielles, intéressées et profiteuses. Pragmatique, Soryu considère l’héroïne comme un outil, et il va s’en servir en la faisant passer pour la fille d’un boss de la mafia chinoise. Bien sur, l’héroïne n’a pas son avis à donner, elle se sent mise en danger, et se montre assez mal à l’aise dans ce rôle. D’autant plus qu’elle est constamment menacée de mort, ou d’être remise aux enchères. Sympathique.

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A force de passer du temps ensemble, l’héroïne va découvrir différentes facettes de cet homme. Elle va s’interroger sur son attitude et conclure qu’en tant que membre de la mafia depuis qu’il est née, le pauvre Soryu doit se sentir bien seul! Mais l’héroïne est différente de cet entourage qu’il connaît et qui ne fait que le craindre. Car c’est une « femme banale » et elle n’y connaît rien aux codes de la mafia. Son naturel, sa bienveillance et son honnêteté de femme banale vont réussir à toucher le cœur cet homme qui semble insensible.

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Les deux vont longtemps nier leurs sentiments, puisque Soryu est censé épouser une autre femme dans un mariage arrangé par le boss de la mafia chinoise. Mais cette autre femme s’est prise d’amitié pour l’héroïne et tente de les réunir car elle admire leurs sentiments véritables. Et heureusement ! Car on ne peut pas compter sur Soryu pour faire passer ses sentiments avant son devoir envers ses supérieurs. Fichue mafia. Une relation très ambiguë, décrite comme sincère et forte. Toutefois la mise en danger régulière ajoute des soupçons de syndrome de Stockholm.

Ota: le chien et son maître

Une relation particulièrement malsaine : dès le départ Ota ordonne à l’héroïne de se comporter comme son toutou chéri, Koro. Je ne sais pas s’il y avait l’idée tordue de faire passer ce type de comportement pour quelque chose de mignon et tendre… Alors oui, il lui sèche les cheveux, il la coiffe, l’habille… C’est touchant, quand même? La réponse est non. Peu importe comment le scénario colore cette relation, le fait est qu’il la traite vraiment comme un chien! Il fait tout ça en la surnommant Koro, et en lui rappelant qu’il est son maître et qu’elle doit obéir à son maître. Le pire au final n’étant pas la situation elle-même, mais le fait que l’héroïne s’en accommode et même apprécie cette relation.

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Ota se sert donc de l’héroïne comme animal de compagnie, son rôle va alors être de le consoler quand il aura des soucis. Et c’est parce que c’est son rôle de le réconforter qu’ils vont coucher ensemble au beau milieu de l’histoire. Autant vous dire que le consentement de l’héroïne est un peu flou à ce moment là… Et tous les doutes de cette dernière qui se dit « Est-ce que je l’aime? Non, c’est mon maître et je suis son animal de compagnie. »…Mais WTF. Évidemment tous les autres personnages en rajoutent en l’appelant « toutou fidèle ».

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Bref, ils vécurent heureux ensemble et eurent beaucoup de… Petites créatures mi-enfant, mi chiot? Plus sérieusement, sous couvert d’une relation de dévotion totale d’une jeune fille envers celui qu’elle aime, celle-ci est l’une des plus malsaines. Car la violence psychologique exercée sur l’héroïne est bien décrite comme un lavage de cerveau. Que cet état de fait soit considéré dans l’histoire comme quelque chose d’enviable reste très dérangeant.

Mamoru: what a pain in the ass

Comme je l’ai évoqué précédemment, Mamoru considère l’héroïne comme un fardeau et l’envoie loin de lui à la première occasion… Dans une secte plus précisément (c’est toujours sympa un petit séjour à la secte…). Mais bon, l’héroïne retrouve une lueur d’espoir quand il la rejoint, et ce dans le but de faire justement tomber cette secte! Elle déchante vite quand elle réalise qu’elle a été utilisée comme appât, et encore plus quand elle réalise qu’ils vont devoir se faire passer pour un couple follement amoureux (tiens, ça me rappelle quelque chose).

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Mamoru est plus âgé que l’héroïne et la traite comme une enfant. Leur relation est faite de chamailleries, de moments gênants quand vient le temps de prendre une douche, et de moqueries dans lesquelles Mamoru ne manque pas de souligner l’immaturité de l’héroïne. Il l’appelle « kid » et ne perd pas une occasion de la taquiner. Ce qui finalement en soi, n’est pas si malsain. Je veux dire, à ce stade, on a vu pire. C’est la seule relation qui se construit loin du monde tordu de l’Hôtel Tres Spades. Bien qu’ils soient au départ dans une secte, Mamoru et l’héroïne vont pouvoir développer leur attirance dans un quotidien à peu près normal.

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 Durant leur aventure il va se poser plusieurs fois en protecteur justicier, tandis qu’elle prendra part à l’action à sa façon: elle joue son rôle dans la secte, elle le couvre, elle assomme un type, elle soigne Mamoru… Elle nettoie son appartement aussi. C’est l’une des histoires où elle est la plus active et la moins oppressée. Pas de grosses violences physiques ou psychologiques… Mamoru s’excuse de mettre en danger l’héroïne, et bien qu’il la taquine beaucoup et lui balance des remarques sur son physique, il s’en excuse et clarifie ses sentiments. Ça passe.

Baba: l’amour explosif

Être objective est difficile pour moi quand on parle de Baba. C’est le seul personnage qui n’humilie pas l’héroïne  à tout bout de champ et du coup mon préféré. Toutefois je pense que c’est son histoire la plus folle. Très vite Baba décide de faire de l’héroïne sa complice dans ses aventures, et ce contre l’avis de cette dernière. Par un malheureux concours de circonstances, ils vont se retrouver menottés l’un à l’autre par Ayase, détective inoffensif et ennemi de Baba. S’ils s’éloignent trop l’un de l’autre: KABOOM! Ils risquent l’explosion, juste ça. Ils vont donc devoir tout faire ensemble le temps de trouver un moyen de retirer ces bracelets. Quel bon prétexte pour une histoire d’amour!

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Cette promiscuité encouragera leur attirance, ils vont dormir ensemble, travailler, prendre leur douche dans la même pièce… (Vous pensiez que Voltage nous épargnerai une scène de douche avec un scénario pareil?!) Et le moment de la « séparation » sera donc difficile puisqu’ils n’auront plus de prétexte pour traîner ensemble. Ah si! Ils s’aiment. Enfin tout n’est pas simple! La caractère séducteur de Baba sèmera le doute dans l’esprit de l’héroïne qui va questionner ses sentiments en voyant une autre femme entrer dans sa suite… Mais c’était un malentendu alors il l’embrasse de force pour lui faire comprendre… STOP! Honte à toi Baba.

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Une relation en dents de scie un peu sur le principe du « je t’aime, moi non plus ». Ils vont se tourner autour, se rejeter, se retrouver… Il y a quelques problèmes dans cette relation: le consentement, bien que cela soit bien souligné dans le scénario. Mais aussi le comportement ambigu de Baba envers les femmes dont l’héroïne. C’est en évoluant dans sa bienveillance envers l’héroïne que Baba va reposer des bases relativement saines. Mais j’insiste sur le « relativement ».

Impressions finales

Ce jeu m’a fait rire par l’énormité de certaines situations même si certaines histoires sont mieux écrites que d’autres. On sent aussi que le contenu soft-érotique, assez présent tout de même, est là pour appâter. Parlons-en de ce contenu: dans ces situations l’héroïne se retrouve toujours mal à l’aise. On voit au travers de son chemiser lorsqu’elle se fait tremper par la pluie ou une douche… Les hommes se dénudent devant elle sans lui demander son avis, puis se moquent de son malaise… Il vaut mieux en rire, sinon c’était à pleurer.

Ce jeu m’a fait aussi râler et hurler: il y a beaucoup de violence dans ces relations, certaines physiques mais surtout psychologiques. Rien que le pitch: la transformation en marchandise d’un être humain pose une situation plus que dérangeante. Le consentement de l’héroïne au moment des scènes érotiques n’est pas non plus toujours clair. C’est LE GROS reproche que je fais à ce jeu. Si certaines de ces violences sont signalées comme problématiques, d’autres passent pour tout à fait normales et même enviables.

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Juste non, Voltage.

Le fond du problème, c’est que c’est le côté de malsain de toutes ces histoires qui semble plaire et rendre les personnages populaires. Sur smartphones, le marché est rempli de ce types de jeux qui véhiculent ces messages. Bien sur, certaines usagères ont le recul nécessaire pour voir où sont les problèmes dans ces représentations. Ouf. Il n’empêche que ce jeu, bien que très divertissant, reste aussi dérangeant.

J’ai retourné la saison 1, mais je n’ai pas encore testé la suite (sauf pour Baba). Les relations étant déjà installées, c’est moins intéressant pour moi. Et cela semble un peu moins drôle. Si vous avez testé, ce jeu n’hésitez pas à me donner vos impressions !