Hakuoki: Demon of the Fleeting Blossom

Après l’avoir encensé à plusieurs reprises dans le 30 Day Video Game Challenge de décembre 2016, je me suis dit qu’il était temps que je poste un vrai article consacré à ce jeu, Hakuoki: Demon of the Fleeting Blossom. A quelques mois de la sortie occidentale de sa « suite/remake » Hakuoki: Kyoto Winds, prévue pour le 19 mai 2017, c’est le moment de découvrir ou redécouvrir cet otome game. Je vous propose donc une review détaillée…

Hakuoki: Demon of the Fleeting Blossom, c’est quoi ce jeu ?

Le jeu n’est pas nouveau, et pourtant sa popularité est encore d’actualité, grâce  une bonne stratégie d’Idea Factory, et  à un fandom encore assez actif. Au Japon, en 2008, Idea Factory sort la première version, Hakuoki: Shinsengumi Kitan sur Playsation 2. Plusieurs versions ont été par la suite éditées, dont Hakuoki: Demon of the Fleeting Blossom sur PSP. Mais d’autres versions existent sur Nintendo DS, PS3… Comme je l’avais déjà mentionné, la licence Hakuoki est très populaire et a été pressé comme un citron avec tout un tas de sequels, de remakes, et autres excentricités (tout n’est pas bon d’ailleurs).

Mais le jeu original lui-même a été bien exploité et on s’y perd facilement entre toutes les versions qui finalement, présentent à peu de choses près le même contenu. Exelen explique tout ça très clairement dans son Petit guide des Otome Games japonais sortis sur console et PC en Occident. C’est donc en 2012 que la version Hakuoki: Demon of the Fleeting Blossom sur PSP est localisée en occident.

Le jeu est également disponible en anglais sur Android et iOS depuis 2015. Les prix varient entre 2,99$ (à l’achat par chapitres) et 35,99€ (l’édition premium sur Google Play). Guettez les promotions, ça arrive. C’est cette version que je propose de montrer ici.

Le pitch

Le jeu a une dimension historique très importante, le scénario se déroulant durant l’une des périodes troubles de l’histoire du Japon, le Bakumatsu (qui débute en 1853, mais le jeu débute à partir de 1863). Le jeu adapte très librement l’histoire des personnages du Shinsengumi, redoutable un groupe partisan formé pour protéger le Tokugawa bafuku (ce qu’on appelle le Shogunat, dirigé par Tokugawa). Très grossièrement, cette période retrace les conflits entre le gouvernement militaire en place et les partisans de l’Empereur qui souhaitent un gouvernement impérialiste.

(L’opening de la version Android, attention ça balance de la CG !)

On incarne ici une jeune femme du nom de Chizuru Yukimura, jeune fille née durant l’ère Edo. Elle se rend à Kyoto à la recherche de son père et alors qu’elle traîne en pleine nuit, elle tombe malencontreusement sur les membres du Shinsengumi, et découvre sans le savoir un de leurs secrets bien cachés concernant des créatures humanoïdes étranges et assoiffées de sang, les « Furies ». Le scénario suit l’histoire du Shinsengumi durant cette période et l’évolution des relations de Chizuru avec les personnages autour de l’énigme des « Furies ».

Forme et mécaniques

Très sobrement, le jeu se base sur le système du visual novel avec choix et fins alternatives. Beaucoup de texte, peu d’interactions, et le rythme peut sembler assez long! D’autant que les musiques, bien qu’agréables, peuvent sembler un peu répétitives du fait qu’il y ait peu de variété…

Petit aperçu sur les premiers choix

En revanche le jeu a de nombreuses fois été loué pour son graphisme de toute beauté, et son chara-design signé Kazuki Yone. Les CGs sont également délicieuses, ainsi que les décors, bref… C’est beau! (Je l’avais déjà dit, mais j’en remet une couche). Par contre les scènes de combat sont au rabais. Mais, ça a un certain esthétisme… Ça ne m’a pas trop gêné, sauf peut-être quelques bruitages des sabres qui s’enfoncent dans la chair (yeurk). Ajoutons à ça un excellent doublage, bien que je regrette que l’héroïne n’ait pas de voix. Mais bon déjà à l’époque ça n’était pas très courant.

Enfin le scénario est plutôt bien mené, mais il ne faut pas être à cheval sur l’adaptation historique au niveau des personnages! Celle-ci prend toutes les libertés nécessaires pour un scénario qui reste bien ficelé, et propose des routes variées (sauf pour le début).

Les personnages

L’héroïne: Yukimura Chizuru

Alors avant toute chose, je précise que j’adore Chizuru! Même si je lui ai beaucoup crié dessus pendant que je jouais et que j’ai eu envie de la secouer 1000 fois. Chizuru est une femme de l’époque Edo, et en 1863, c’est pas vraiment la joie d’être une femme dans une société patriarcale du XIXe. Toutefois cette héroïne est pleine de potentiel, mais… Sans doute dans une envie de respecter les mœurs de la société de l’époque, elle incarne une féminité très fragile, peu capable, qui a constamment besoin d’être protégée et qui semble avoir du mal à être indépendante et se sent souvent inutile (j’ai été sympa, hein, je l’aime bien). Elle reste toutefois très forte malgré tout ce qui lui tombe dessus. Cette personnalité discrète est en plus très vite occultée par les personnages masculins, qui eux sont bien différents…

Hijikata Toshizo

Visage du jeu et histoire la plus développée! J’aime beaucoup, même si ce n’est pas mon préféré. Vice-commandant du Shinsengumi, Hijikata est un homme de pouvoir réfléchit, froid et distant, mais juste et qui traite tous ses hommes comme ses égaux. Surnommé « le démon » par les autres membres, c’est également quelqu’un qui ne se laisse pas contrarier facilement et qui travaille beaucoup… Bien sur c’est un excellent guerrier et son habilité au sabre est légendaire. A part quelques mots durs, il traite plutôt bien Chizuru et participe largement à la protéger coûte que coûte pour accomplir son devoir et tenir sa parole.

Saito Hajime

Le capitaine de la troisième unité du Shinsengumi. Voilà un homme très discret et qui ne parle pas pour ne rien dire. Saito est très posé et n’agit jamais sans réfléchir. Il observe tout, et est très attentif au comportement et expressions des autres. En revanche, lui est très peu expressif, et peut être parfois glacial. Dévouant sa vie au sabre, c’est également un excellent combattant, gaucher, et connu pour sa technique iai. Fait intéressant, le vrai Saito était considéré comme le plus puissant des guerriers de l’époque. Il était notamment connu pour être un homme très grand et impressionnant, et dans ce jeu, il est petit et très fin! Moi ça me fait sourire…

Okita Souji

Le capitaine de la première division, et un grand guerrier! De loin mon personnage préféré bien qu’au début je l’ai détesté. Il faut dire qu’il est à l’opposé des deux autres. Un caractère impulsif, il dit beaucoup de choses qui lui passent par la tête et ça n’est pas toujours agréable! Au début, il se moque de Chizuru, la menace et lui envoie des piques avec un sourire sadique qui m’a vite fait sauter au plafond. A ce genre de petits jeux taquins, il faut dire que je ne marche pas, je cours! Mais en fait, c’est un grand gamin plutôt touchant et spontané.

Toudou Heisuke

Capitaine de la huitième division, en voilà un petit chou attachant! Je l’ai de suite apprécié car il est tout mignon. Un vrai bonbon. Heisuke est le plus jeune des capitaines du Shinsengumi dans ce jeu (en réalité il avait le même age qu’Okita et Saito) et ça se sent dans la construction du personnage. Très souriant, enjoué et (presque) toujours de bonne humeur. Dès le départ, il est très sympathique avec Chizuru, ce qui n’est pas pour déplaire. Toutefois certain.e.s pourront être fatigué.e.s par son énergie et son relatif manque de maturité (et sa voix aussi, pas ma préférée, un peu agressive). Son chara-design est un peu particulier aussi… Mais il s’améliore dans la suite.

Harada Sanosuke

Capitaine de la dixième division, mon premier coup de cœur avant de mieux connaitre Okita. Harada c’est le type un peu séducteur, mais pas trop quand même, juste ce qu’il faut. Très gentil, (oui j’aime les gens gentils), aimable, attentionné, j’ai beaucoup apprécié sa route. Il est juste adorable, rassurant, et en plus il est drôle! Il sourit souvent à Chizuru et s’inquiète pour elle et sa sécurité (et il n’a pas 15 ans comme Heisuke). Peut-être parfois un peu trop protecteur et vieux jeu aussi… Mais j’adore son chara-design alors je lui pardonne. (un grand gars aux cheveux teintés de rouge avec les mèches sur le visage, je suis faible)

Kazama Chikage

Le dateable vilain. Kazama est suffisant, ne sert que ses propres intérêts, et ne se prend pas pour n’importe qui. Pour le coup, lui considère l’héroïne comme un objet, car en fait seul son utérus l’intéresse. Très charismatique quoi qu’on en dise, il a ce flegme et cette assurance des vilains qui a le don de m’agacer. Il a une petite route à lui qui se termine assez vite, mais bien que le personnage soit intéressant et le chara-design agréable, je ne le trouve pas irrésistible. Pour moi c’est le travail du Seiyuu Tsuda Kenjiro qui fait que ce personnage est excellent. Ce que je veux dire, c’est un excellent méchant, mais je ne le voudrais pas en petit copain. Il a aussi le don de pop de n’importe où quand il faut (ou pas). Flippant.

Dans l’ensemble les personnages sont bien construits et surtout vraiment beaux, particulièrement dans la seconde partie du jeu. On retrouve une adaptation habile d’archétypes et quand on suit les routes, on s’aperçoit qu’ils sont tous très intéressants et plutôt attachants. En revanche Chizuru semble avoir du mal à suivre, malgré son potentiel. Le problème étant que les personnages masculins tendent à la rendre invisible.

Aimer durant le bakumatsu: relations et représentations

SPOILER ALERT! Ici, on rentre dans les détails des histoires mais les spoilers sur le scénario sont sous balises! Le reste discute de la relation, qui peut spoiler si vous êtes pointilleu.ses.x. Vous pouvez donc toujours passer directement aux impressions finales.

Dans la majorité, les relations sont plutôt bien menées et ne présentent pas trop de problèmes. Rappelons qu’il s’agit aussi de l’histoire du Shinsengumi, qui n’étaient pas du côté des gagnants… Les trois premiers chapitres de l’histoire sont communs. C’est au quatrième que le jeu « splite » et que celle avec le personnage que vous aimez commence.

Spoiler: première partie commune du scénario

Durant cette première partie, on apprend que le père de Chizuru faisait des expérimentations sur les soldats du Shinsengumi pour les rendre plus forts. Ces soldats nommés Furies ont bu un liquide appelé « Water of Life » (mais on va dire Eau de Vie…) qui les rend en effet très puissants, mais dépendants au sang et faibles à la lumière du jour. La soif de sang peut finir par les rendre fou et les tuer. Il se trouve que cette Eau de Vie est fabriquée à partir du sang d’oni, de démon, et que Chizuru est justement un démon au sang pur, très puissant. C’est aussi pour cela que Kazama, oni et démon au Sang pur d’un puissant clan, cherche à la kidnapper afin d’en faire un utérus sur pattes sa femme.

Pendant ce temps, le Shinsengumi accumule les problèmes dans le climat politique changeant. Au fil des chapitres, la plupart des personnages masculins seront amenés à boire l’Eau de Vie et se transformer à leur tour, généralement dans le but de protéger Chizuru. Le sang de cette dernière sera le moyen de soulager leurs peines pendant les crises de soif de sang.

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Hijikata Toshizo

Résumé de cette route

La route la plus longue et l’histoire la plus développée, mon résumé va occulter beaucoup de choses! La plus difficile aussi, car comme je l’ai dit, l’histoire est triste. Dans cette histoire, Chizuru restera aux côtés d’Hijikata alors que le Shinsengumi s’enfonce dans le conflit politique. Tous deux traversent le pays de bataille en bataille, avec de nombreuses défaites et de nombreux morts. Le groupe partisan se retrouve en difficulté, abandonné par le Shogun qu’il est censé servir, mais continue sa marche vers un avenir incertain. La joie. Hijikata finit par boire l’Eau de Vie lors d’un combat contre Kazama alors qu’il voit qu’il perd l’avantage. Il continuera ainsi sa route pendant la restauration, tentant de trouver sa place dans un monde nouveau. Tout ça en luttant contre la soif de sang grâce à celui de Chizuru.

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La relation entre Chizuru et Hijikata met du temps à se construire. Au début, lui est froid et distant. Chizuru est sous ses ordres et au départ plutôt effrayée par lui. Durant une bonne partie du scénario, Chizuru se sent plutôt inutile… Et moi aussi. Elle passe beaucoup de temps à regarder Hijikata se débattre avec son destin, impuissante. Frustrant. Je pense qu’à force de regarder la ténacité de cet homme sur lequel s’abattent tous les maux du monde, on ne peut que l’admirer. Et tomber amoureuse… Quant à lui, il n’y a qu’une femme dans sa vie, qui lui est entièrement dévouée. Elle devient sa confidente, et surtout son seul repaire quand toutes les personnes auxquelles il tient s’en vont.  Je ne sais pas si c’est très sain, mais cette relation semble être la seule chose qui donne un peu de sens à leurs vies. Très romantique.

Saito Hajime

Résumé de cette route

Une jolie histoire. Alors que l’on suit les épreuves (éprouvantes) du conflit qui oppose le Shinsengumi aux armées impérialistes, Saito développe son attachement à Chizuru. Ayant juré de tout faire pour la protéger, il boit l’Eau de Vie plutôt que de mourir lors d’un combat contre Kazama. Celui-ci souhaite toujours capturer Chizuru et l’on découvre que le père de cette dernière est complice. Chizuru se montrera un soutien important pour Saito, d’autant qu’elle calme sa soif de sang. Alors que Saito fonce droit dans une bataille dont il a de grande chances de ne jamais revenir, Chizuru s’impose et décide de rester avec lui. Finalement ils sont rejoint par Harada et son acolyte en renfort, puis Heisuke et tombent (encore) sur Kazama (pop!). Étant toujours lié à Chizuru par le serment qu’il a fait de la protéger, Saito défie Kazama et finit par le vaincre.

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Chizuru est très vite touchée par la loyauté et la droiture à toute épreuve de Saito. De plus, malgré sa personnalité assez distante, il est particulièrement bienveillant. Il n’a jamais un mot méchant pour elle et ne cherche pas non plus à l’effrayer. Chizuru aura ici pour rôle de rassurer les doutes de Saito en lui prouvant qu’elle aura besoin de lui quoi qu’il arrive. Il va finir par admirer la loyauté de cette dernière, et sera touché par son honnêteté et sa sincérité (comme tout le monde). Il craque donc définitivement lorsqu’il réalise qu’elle l’aimera quoi qu’il arrive. Après tout il reste un guerrier et donc un tueur, comme tous les autres d’ailleurs… Son serment de la protéger devient alors un choix personnel.

Okita Souji

Résumé de cette route

Ma préférée… Triste, elle met en scène un personnage que j’ai trouvé particulièrement incohérent et agaçant: Kaoru le frère jumeau de Chizuru. Atteint de tuberculose et incapable de se battre, Okita boit l’Eau de Vie donnée par Kaoru. Plus tard il est gravement blessé par une balle en argent, bon moyen d’arrêter une fury. Il est alors éloigné du Shinsengumi pour guérir. Chizuru veille sur lui et lui fait boire son sang sur les « conseils » de son frère. Une fois en pleine forme, il revêt l’habit de soldat à l’occidentale (). Chizuru se voit ensuite transformée en fury par son adorable frangin. Elle et Okita transformés, tous deux voyagent de nuit pour rejoindre le Shinsengumi… Puis chercheront le père de Chizuru espérant une solution pour inverser la transformation… ET sur cette route, Chizuru dégaine enfin son épée pour se battre aux côtés de son homme \o/.

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Cette route retrace doucement les événements qui vont se faire rapprocher Chizuru et Okita. Ces épreuves vont leur donner un but commun pour lequel ils s’uniront. C’est un peu « toi et moi contre le reste du monde ». Le scénario décrit ainsi une forte complicité entre eux, construite loin des autres personnages masculins dans une intimité presque totale. Chizuru devient le garde-fou d’Okita, celle qui sait le calmer quand il s’énerve. Celle qui sait dire les mots juste avant que lui n’en sorte qu’il pourrait regretter. Une relation de confiance et de partage, où les deux protagonistes apparaissent comme égaux. Okita laisse en effet une relative liberté d’action à Chizuru dans leur quête, tout en continuant à la protéger (ça part d’une bonne intention).

Toudou Heisuke

Résumé de cette route

On s’en sait pas beaucoup plus sur Heisuke dans cette route, il reste le gamin joyeux qu’il est depuis le début. Heisuke boit l’Eau de Vie et rejoint les Furies dans la première partie du jeu plutôt que de succomber à une blessure mortelle. Très attachée au jeune homme, Chizuru fera partie des patrouilles de nuit pour rester avec lui le plus possible. Toutefois Sanan, le chef du groupe des Furies, tombe dans un délire mégalomaniaque et part conquérir le monde avec une armée de Furies. Ouh! Après deux pop agaçants, Kazama finira par s’allier à eux pour combattre Sanan qui a un peu trop abusé du sang et balancé des Furies dans toute une ville (Sendai). Les personnages secondaires sont mis en valeur dans cette histoire, un peu plus qu’Heisuke même…

T’es dure Chizuru…

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Chizuru culpabilise beaucoup moins sur cette route au regard des événements qui lui arrivent à elle et Heisuke. Et c’est plutôt agréable. Elle va être un soutien considérable pour le jeune homme qui se retrouve perdu et dépassé par des situations qui semble lui échapper. Quelque peu effrayé, mais résolut à la protéger, Heisuke s’appuiera sur l’affection de Chizuru pour tenir le coup. L’amitié profonde qui va les lier se transformera doucement en romance à la suite des épreuves qu’ils auront à affronter. Ils sont jeunes, mignons et ils s’aiment. Cute. Chizuru est également plus active, elle se sent moins inutile. Chose positive, elle semble avoir plus de contrôle et de lucidité à propos de ses sentiments dans cette relation.

Harada Sanosuke

Résumé de cette route

De la douceur dans ce monde cruel! Harada est le seul à ne pas boire l’Eau de Vie! On échappe donc au délire autour du sang. Entre deux batailles Chizuru et Harada discutent d’avenir. Le rêve d’Harada est simple: une femme et des enfants loin du conflit. Chizuru se dit « pourquoi pas? », mais abandonne l’idée car en tant que démon elle ne peut vivre une vie normale. Les voyant tous risquer leur vie pour elle, Chizuru culpabilise et décide de s’enfuir. Harada la surprend et ne sachant quoi faire pour la consoler, l’embrasse. Consentement zéro. Soit. Alors que le Shinsengumi qui court à sa perte, Harada se sépare du groupe. Il emmène Chizuru avec lui et continue à la protéger des démons qui lui courent après. Après avoir réglé quelques « affaires » et mis au point leurs sentiments, Sanosuke (ils sont devenus « intimes ») et Chizuru s’en vont vivre leur rêve.

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Cette relation décrit l’histoire de deux êtres qui aspirent à un bonheur simple et qui semble impossible à atteindre. La gentillesse à toute épreuve d’Harada et sa dévotion protectrice envers Chizuru vont faire qu’elle va fortement culpabiliser et se sentir inutile. Cet état chez Chizuru est la conséquence du comportement paternaliste d’Harada. Lui est convaincu qu’elle doit être consolée, rassurée, choyée, et parfois il va la traiter comme une enfant. Je ne parlerai pas de sa vision de l’épouse modèle, que je tolère pour cause de contexte historique (et parce qu’il est craquant dans sa tenue de La Restauration). Cette situation créé un cercle vicieux car plus Chizuru se noie dans la culpabilité, plus il se sent obligé de la choyer pour qu’elle aille mieux. Alors qu’il leur suffit d’exprimer leurs sentiments pour tout régler, ce qu’ils ont du mal à faire!

Kazama Chikage

Cette route se débloque si aucun des autres personnages n’a suffisamment d’affection pour Chizuru.

Résumé de cette route

Le stockholm syndrome du jeu. Au début du chapitre 4, Chizuru se retrouve laissée en arrière, sans personne pour la protéger, et Kazama pop au moment opportun pour la tirer d’affaire! Après une rapide discussion, tous deux décident d’essayer de rattraper le Shinsengumi. Le reste de cette route décrit leur course vaine durant laquelle ils se « rapprochent » inévitablement. Ils retrouvent le père de Chizuru devenu fou, et décident de l’éliminer car celui-ci entend propager les furies dans le pays tout entier. Ce rapprochement reposant sur le fait qu’ils se retrouvent seuls au monde tous les deux en tant que démons, Kazama, finira par déclarer sa flamme à Chizuru. Il l’embrassera sans lui demander son avis (c’est le méchant du jeu, faut pas trop lui en demander). Et bien qu’elle n’y avait jamais songé, elle trouve ça plutôt agréable. Hey ouais, juste comme ça.

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Rien de particulier, Chizuru se sent particulièrement impuissante à voir ses compagnons subir le destin. Il faut dire que tandis qu’elle est de plus en plus accablée, Kazama devient son seul repaire stable qui la relie aux épreuves qu’elle a subit depuis le début de cette histoire. Tous deux vont s’accrocher au peu de points communs qui les rapprochent et construire leur romance sur cette base. En plus, il la protège et règle une partie de ses problèmes (Stockholm Syndrom Alert). Bon oui, c’est pas très sain, mais c’est le méchant, on s’attendait à quoi?

Impressions finales

Shinsengumi Diaries

Spoiler

Il y a un côté bit-lit (« littérature mordante », désignant les histoires, souvent de romance, avec des vampires) dans cet otome. Même si le mot « vampire » n’est jamais prononcé dans un Japon censé ignorer ce folklore, les références sont claires pour la joueuse des années 2000-2010. Toutefois cette production ne se range pas aisément dans cette catégorie, et ce pour diverses raisons. Le jeu mêle plusieurs folklores pour construire une histoire se démarquant du genre bit-lit. Le gros point de contradiction étant que devenir fury (vampire) n’a aucune incidence sur le pouvoir de séduction (sauf kink cheveux blancs).

Toutefois, le jeu ne va pas hésiter à se servir de cet imaginaire et l’intègrent dans le processus de la romance. D’abord la malédiction qui entraine un amour voué à la tragédie. So romantic (moi ça me fout le bourdon). Ensuite le dilemme, « boire ou ne pas boire », avec la peur de la perte d’humanité… Enfin, la présence des scènes de « don du sang » mises en avant par les illustrations. S’ancrant dans une tradition autour de l’imaginaire de l’univers vampirique, ces scènes vont contribuer à créer un érotisme autour des rares contacts physiques entre Chizuru et les personnages masculins.

Les zones érogènes féminines sont mises en avant (poignet, cou, derrière l’oreille, main) créant l’érotisme lorsqu’elles entrent en contact avec les lèvres des personnages masculins. Plus que ces derniers, c’est la posture de l’héroïne qui va être interrogée entre don de soi, sacrifice, postures de soumissions, tout en ayant le pouvoir sur ces messieurs. Car c’est toujours elle qui choisi de donner ou non. Son image devient alors ambiguë puisque cet imaginaire va construire une emprise particulièrement forte de l’héroïne sur les hommes. Ceci va accentuer la dimension romantique, de façon assez malsaine puisque ancrée dans un rapport de pouvoir…

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Masculinité, quand tu nous tiens…

Il y aurait plein de choses à dire sur la construction des masculinités dans ce jeu! C’est merveilleux. Mais cela demanderait aussi une analyse plus poussée. Voilà déjà quelques premières pistes… Le thème de la protection à tout prix de la jeune fille permet de construire différentes versions du discours protectionniste de l’homme. Ceux qui respectent un devoir, ceux qui répondent à une injonction culturelle, ceux qui servent leurs intérêts, et autres nuances… Ces discours vont se teinter de romance car la personne à protéger devient plus précieuse que ce qui était attendu. La figure du protecteur quelque soit ses procédés de construction, contribue à construire une figure de l’homme idéal. Car celle-ci (pour changer) correspond au rôle masculin de l’imaginaire autour de l’amour romantique hétérosexuel. Tous, sans exception vont protéger d’une manière ou d’une autre (physiquement et psychologiquement) Chizuru, même le méchant Kazama.

Virilité contrariée

De plus tous les enjeux autour des questions d’honneur, de devoir, de loyauté et autres valeurs vont de pair avec le statut de samouraï. Ceci propose d’autres pistes pour réfléchir ces constructions. Ici la figure du samouraï, ou du guerrier, est un idéal que cherchent à atteindre tous les membres du Shinsengumi, et que chacun d’eux construit selon des procédés nuancés. Par les références à des modèles précis de masculinité (par exemple, Hijikata ou Kondou, les supérieurs), par comparaison à ces modèles, admiration, etc. C’est bien sur un processus que l’on retrouve dans plein d’otome, s’appuyant sur d’autres représentations des masculinités ou procédés.

Pour conclure…

Évidemment il y a (et il y aura longtemps dans les otome) des problèmes liés à la construction de l’hétéronormativé qui ont été rapidement soulignées ici.

Comme je l’ai plusieurs fois mentionné, Chizuru et sa personnalité discrète disparaissent derrière les personnages masculins. Les représentations graphiques n’aident pas, vu qu’elle est invisible la plupart du temps à l’écran (et elle n’est pas doublée). De plus sur les CG, elle n’apparait pas toujours, elle est vue de dos, son visage est caché (des mécaniques évoquées dans un autre article). Ce jeu n’est pas le pire, heureusement. Il y a quand même de belles images de Chizuru. Alors qu’elle ne l’est pas forcément, elle peut apparaitre comme passive car le scénario pose des hiérarchies dans la valeur des actions qu’accomplissent les personnages. Se battre, parler de politique, supplantent des activités comme observer les émotions des autres et résoudre leurs conflits intérieurs. Pas terrible pour son épanouissement en tant que femme et individu. Un jour nous en reparlerons.

Ce n’est pas une surprise, j’adore ce jeu. Je le conseille à tout le monde, bien que la dimension historique puisse en rebuter certains. Il y a en effet beaucoup de détails sur les conflits, batailles et négociations que traversent les protagonistes. Tout comme l’histoire autour des Furies, que je le laisse à votre propre jugement.

N’hésitez pas à me parler de vos personnages préférés, ou de ce que vous aimez ou n’aimez pas et pourquoi pour apporter du grain à moudre à ces réflexions.

4 Comments

  1. Bien pratique ce plugin spoilers ! 😉 Merci pour cette review ! je l’attendais avec impatience !! C’est un jeu qui ne m’a jamais attirée malgré sa popularité, l’histoire et les personnages ne me disent rien, et la longueur me rebute du coup (si c’était plus court, j’aurais peut-être déjà sauté le pas, mais là j’ai peur de me retrouver des heures et des heures sur un jeu qui ne me plait pas).
    CELA DIT j’ai quand même envie de tester tout ce qui est disponible, puis toi tu aimes beaucoup alors ça me donne l’espoir d’avoir une bonne surprise (même si, d’après ce que tu dis, la masculinité me gave déjà ! mais hé, c’est un otome game, je me ferai une raison).
    Là, comme ça, je ne sais même pas quel personnage pourrait bien m’intéresser… mais bon, je ne juge pas avant d’avoir fait connaissance…… Je t’en dirai des nouvelles quand je mettrai la main sur le jeu !

    • Oui c’est trop cool ce plugin… Du coup je me suis lâchée…
      C’est vrai que j’ai toujours été attirée par les histoires autour du Shinsengumi depuis que j’avais lu Kenshin quand j’étais petite. Alors cette adaptation m’avait de suite attirée. C’est Exelen qui m’a convaincue d’y jouer quand je l’ai interviewée pour ma thèse.
      Moi non plus les persos ne disaient rien au départ, et je détestais même celui qui est devenu mon préféré. T’aurais du m’entendre le traiter de poseur machiste et psychopathe… Mais tous y sont passés. J’aime beaucoup râler en jouant… (hier soir encore en jouant l’ep bonus de la version mobile que je n’avais jamais touché)
      Mais c’est vrai que c’est long, les premiers chapitres passés une première fois on est contente d’avoir le speed pour passer la lecture (parce que se le taper 6 fois, merci).
      Mine de rien j’ai appris plein de trucs sur les conflits de cette époque au Japon xD aujourd’hui je peux crâner en société.
      Si tu testes, tu m’en diras des nouvelles ! Merci pour ton commentaire 😉

  2. Hakuouki, LE jeu de référence en matière d’otome game… J’ai beau avoir joué à beaucoup d’otome game, j’ai jamais réussi à m’y mettre et je vois que je ne suis pas la seule (ouf) xD.
    J’avais découvert la série avant que je tombe dans l' »otome gaming » en fait, avec l’animé… Où je n’ai pas réussi à dépasser l’épisode 4 je crois (ça date…). Le seul personnage qui m’intéressait bien à l’époque c’est Saito Hajime. Sinon j’ai eu beaucoup de mal avec l’héroïne. En fait, je pensais avoir un personnage un minimum « badass » (mais à quoi sert son épée ?) mais non, du coup j’ai été assez déçu. Et puis bon, elle était assez inutile la plupart du temps… Mais bon là je parle de mes souvenirs de l’animé.
    Bref, je me suis ré-intéressée à la série avec sa sortie sur PSVita, mais j’ai lu quelque part que ce n’était pas le jeu complet ?? Ou je me suis trompée… Je crois que Otomate voulait sortir plusieurs jeux, il me semble.
    Bref, je suis la seule à avoir fait un parallèle avec Vampire Knight concernant cette histoire de vampire (en fait surtout sur le point commun où les deux héroïnes sont de « sang pur » surtout lol) ?
    Tout ça pour dire que je pense que je ne suis pas prête de m’y mettre… >.>

    • Hey ! Merci pour ce commentaire,
      Eh bien non ^^ Hakuoki n’est pas un passage obligatoire pour apprécier les otome games (et heureusement!).

      Je le redis, j’adore Chizuru, mais je reconnais qu’elle semble bien transparente et surtout elle se martèle elle-même en tête qu’elle est inutile (alors que non), alors on finit tou.te.s par y croire… Personnellement j’en ai aussi marre que dans le milieu du JV si on montre une femme il faut qu’elle soit badass (Tomb Rider, Bayonetta)… Car c’est valorisant, soit disant. Mais la plupart du temps l’image du « badass » est construite sur des attributs masculins que l’héroïne réadapte, et il y a un truc qui me gêne là dedans (la valorisation des valeurs du masculin face aux valeurs attribuées au féminin).

      Sinon je n’ai toujours pas vu l’anime, j’ai peur d’être très déçue par rapport au jeu. Celui-ci est magnifique, alors que bon les images que j’ai vues de l’anime… Ben c’est normal, c’est pas évident d’arriver à un tel niveau en animation.

      Sinon, pour sa « sortie » Kyoto Winds arrive le 19/05 en Europe, il s’agit d’un remake du premier (qui a eu plusieurs noms selon ses supports, oui c’est pas simple) et auquel ont été ajoutés 3 ou 4 routes il me semble… http://ideafintl.com/hakuoki-kyoto/ pour plus d’infos.
      Et sinon, Vampire Knight j’ai pas lu ça ^^. Mais à la base je ne suis pas très bit-lit… Pour Hakuoki ça m’est tombée dessus sans que je m’y attende, et c’est pas mon aspect préféré du jeu…
      Tout ça pour dire: rien ne t’y oblige, il y a bien d’autres jeux sympa !

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